Les marchés de matières premières agricoles en quête d'efficience

Dossier réalisé par Séverine Leboucher

Introduction

Les marchés de matières premières agricoles en quête d'efficience

L'indice des prix alimentaires de la FAO atteint des sommets inégalés depuis décembre, faisant de la sécurité alimentaire l'un des sujets majeurs du G20. Les acteurs financiers, de plus en plus présents sur les marchés agricoles, voient leur responsabilité mise en avant. Mais les débats ne doivent pas occulter les déséquilibres fondamentaux que connaissent l'offre et la demande mondiales.

Matières premières agricoles

La FAO tire la sonnette d’alarme : en décembre 2010, son indice des prix alimentaires a dépassé son précédent record de juin 2008, poussé par les prix du sucre, des céréales et des huiles et matières grasses. Il poursuit depuis son escalade et représentait en février le double de son niveau de 2004. Sur le plan politique, cette situation a conduit Nicolas Sarkozy à faire de la question de la volatilité du prix des matières premières, en particulier agricoles, un des dossiers de la présidence française du G20. « Cette volatilité des prix agricoles mondiaux est insupportable pour les pays les plus vulnérables. Elle est insupportable pour les producteurs dont elle affecte les capacités d’investissement. Elle est insupportable pour les consommateurs qui doivent payer plus cher leurs produits alimentaires et qui nous font courir le risque de connaître à nouveaux des émeutes de la faim », mettait ainsi en garde le ministre de l’Agriculture, Bruno Le Maire, à l’assemblée générale des Nations unies le 17 février.

Parmi les mesures phares que le gouvernement français appelle de ses vœux ​figure la régulation des marchés dérivés de matières premières agricoles. Standardisation des contrats OTC, transparence accrue des transactions, voire mise en place de limites de position sont les principaux outils envisagés. Ils ne font pas tous l’unanimité au sein de la sphère financière qui met en garde contre le risque d’asphyxie des marchés.

Mais la problématique des déséquilibres agricoles va bien au-delà de la question des marchés financiers sur lesquels se focalisent pourtant les projecteurs. La situation actuelle est la résultante d’un désinvestissement mondial massif de l’outil de production agricole, conduisant à un assèchement des stocks alors même que la demande globale, notamment asiatique, s’accroît inexorablement. Le développement des biocarburants ces dernières années a accentué le phénomène pour les céréales, à tel point que la ministre de l'Écologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, vient de lancer une vaste réflexion sur des « biocarburants avancés » ne mettant plus en concurrence sécurité énergétique et sécurité alimentaire. Autant de questions qui seront abordées tout au long de l’année, jusqu’au sommet de Cannes en novembre. Des points d’étape sont attendus pour la fin du mois de mars, suite aux réunions des différents groupes de travail, et surtout pour les 22 et 23 juin, date du G20 « Agriculture » qui se tiendra à Paris.

Dossier réalisé par Séverine Leboucher

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