Europe de l'Est : le potentiel existe toujours

Introduction

Europe de l'Est : le potentiel existe toujours

Depuis quinze ans, les banques d'Europe de l'Ouest ont massivement investi les marchés de l'Est, pour représenter au final entre 80 et 90 % des actifs bancaires de ces pays. Redouté lors du déclenchement de la crise, le retrait massif n'a toutefois pas eu lieu et une dizaine de banques occidentales continuent d'y être très actives. Pour autant, les modèles de développement passés doivent être remis en cause.

Depuis le milieu des années 1990, les pays d’Europe de l’Est apparaissaient, aux yeux des banques européennes, comme une source de croissance rapide et géographiquement accessible. Autrichiens, Italiens, Belges, mais aussi Scandinaves ont créé puis racheté des établissements dans ces régions sur toute la période, conduisant à une très forte domination des groupes bancaires d’Europe continentale sur le financement de ces pays : 80 à 90 % des actifs bancaires y sont ainsi détenus par des banques étrangères.

Conséquence directe de cette influence, les économies de l’Est ont été gagnées par la crise financière venue de l’Ouest, ne provoquant toutefois pas le vaste mouvement de retrait redouté. Ainsi, seule Allied Irish Bank s’est véritablement retirée en vendant sa filiale polonaise, mais cela sous la contrainte européenne, suite au plan de sauvetage de la banque irlandaise par l’État. Au contraire, quelques nouveaux acteurs s’intéressent à la zone, à l’instar de BNP Paribas, suite au rachat de Fortis, ou encore Banco Santander.

Le retour au « business as usual » n’est pour autant pas plus souhaitable dans ces pays que dans les autres : le coût du risque a ainsi beaucoup augmenté dans certaines régions, comme au sud, ou certains secteurs, comme le prêt aux entreprises, et les banques doivent ajuster leurs modèles. Surtout, la pratique des prêts en devises étrangères, très courue sur la période d’avant-crise lorsque les monnaies locales s’appréciaient face à l’euro ou au franc suisse, a parfois fortement déstabilisé les ménages emprunteurs et doit être remise à plat.

L’entrée progressive de ces pays dans le moule de l’Union européenne va faciliter cette refonte des modèles, avec des régulateurs plus en phase avec le reste de l’Europe et surtout des opportunités de synergies incontestables, notamment autour des moyens de paiement. Reste à savoir combien de temps prendra le rattrapage de ces économies sur celles de l’Ouest et donc jusqu’à quand les investissements des banques étrangères seront rentables.

Sommaire

Le dossier que vous souhaitez consulter est payant ou réservé à nos abonnés.

Vous êtes abonné.
Merci de vous identifier.

Achetez ce contenu à l'unité
Tarif : 15.00 euros TTC
Banque & Stratégie