La digitalisation de l’économie redéfinit les stratégies d’investissement et les professionnels de la gestion de patrimoine s’intéressent de plus en plus aux actifs numériques. Il est beaucoup question d’investir sur des crypto-actifs, en direct ou via fonds et autres produits structurés. Mais le potentiel d’investissement inclut également d’autres solutions. Parmi eux, le mining et le staking offrent ainsi des opportunités spécifiques de génération de revenus passifs. Ce sont deux protocoles majeurs de validation des transactions sur les blockchains.
Le mining s’appuie sur le mécanisme de Proof of Work (PoW, en fraçais « preuve de travail ») : des machines spécialisées, le plus souvent des ASICs (Application Specific Integrated Circuit), réalisent des calculs complexes afin de sécuriser le réseau. En contrepartie, elles reçoivent des récompenses en bitcoin, provenant des nouvelles émissions prévues par le protocole. Ce modèle est historiquement éprouvé et bénéficie d’un avantage stratégique : la mécanique du halving. Tous les quatre ans, la récompense de minage est divisée par deux, raréfiant ainsi l’émission de nouveaux bitcoins. Chaque halving a historiquement marqué le début d’un cycle haussier majeur (voir graphique). C’est dans ce contexte que le mining conserve une pertinence stratégique dans la construction d’une allocation patrimoniale en actifs numériques.
Débat énergétique autour du mining
Il faut garder en tête que le mining n’est pas sans contraintes : il nécessite des infrastructures industrielles, une gestion énergétique rigoureuse et une expertise technique. Il est cependant faux de considérer cette activité comme polluante. De nombreux acteurs en Norvège, au Texas, au Canada ou en Islande exploitent de l’électricité excédentaire et/ou renouvelable grâce à l’hydro, le solaire, la géothermie ou encore le gaz torché, réduisant ainsi leur empreinte carbone. Il n’empêche : l’un des grands défis actuels du secteur est la décentralisation des sources énergétiques et l’intégration dans des modèles de sobriété.
Cela signifie diversifier et distribuer les lieux et les types de production d’électricité utilisés pour le minage. Historiquement, le minage s’est concentré dans des zones à énergie très bon marché, parfois issues de centrales à charbon ou à gaz. Tel est le cas de la Chine et du Kazakhstan. Cela posait des problèmes écologiques et géopolitiques. Aujourd’hui, le défi est d’utiliser de nouvelles sources d’énergie locales et renouvelables (hydroélectricité, solaire, géothermie), de créer des « fermes de minage off-grid » – c’est-à-dire non connectées au réseau traditionnel, par exemple dans des zones rurales ou industrielles avec de l’énergie excédentaire ou perdue – et de s’éloigner des grands centres de consommation pour répartir la charge énergétique et limiter l’impact sur les réseaux électriques locaux.
Le minage doit ainsi s’inscrire dans une logique de consommation optimisée, en réduisant la consommation par unité de bitcoin produit, en exploitant l’électricité uniquement lorsqu’elle est excédentaire et en réutilisant la chaleur générée. Ce modèle s’apparente à une véritable « économie circulaire de l’énergie minière » où le secteur évolue vers des pratiques plus locales, autonomes et durables
Le staking : le placement crypto à faible friction
Le staking est la colonne vertébrale des blockchains PoS (Proof Of Stake, en français « preuve d’enjeu ») comme Ethereum, Solana ou encore Cardano. Ici, pas de machines à faire tourner : on bloque (stake) des tokens pour sécuriser le réseau pour percevoir des intérêts. L’investissement de départ est souvent plus accessible, car le montant minimum requis pour lancer un serveur validateur (par exemple 32 ethereum) peut être atteint collectivement : plusieurs investisseurs peuvent contribuer chacun une petite somme, comme 0,5 ethereum, via des plateformes centralisées comme Feel Mining ou décentralisées, comme Lido pour Ethereum. De plus, l’empreinte carbone du staking reste quasi nulle.
En contrepartie, le staking expose davantage à la volatilité des tokens concernés. Il faut en effet les détenir pour profiter du rendement. Cette pratique fait aussi porter des risques de centralisation, surtout via les plateformes centralisées. Par ailleurs, les rendements sont généralement corrélés à l’offre de tokens et aux politiques monétaires du réseau, sans effet « raréfiant » comme le halving sur bitcoin.
L’enjeu de l’exposition au bitcoin
Pour un investisseur professionnel, le staking et le mining ne sont pas des approches antagonistes, mais deux voies complémentaires au service d’une stratégie de diversification dans l’univers des actifs numériques. Le staking s’apparente à un placement de rendement fluide, accessible, qui requiert peu d’engagement technique. Il offre une exposition simple et régulière à des revenus passifs, sans complexité opérationnelle.
Le mining, quant à lui, se distingue par une barrière d’entrée plus élevée, mais incarne une position stratégique forte, centrée sur Bitcoin. Historiquement, cette activité s’est révélée particulièrement performante à long terme, notamment lors des cycles post-halving, qui ont souvent coïncidé avec des phases haussières majeures du marché.
Aujourd’hui, l’accès à ces deux mécanismes s’inscrit dans un cadre structuré et professionnel. Y compris avec des solutions à destination des conseillers en gestion de patrimoine (voir encadré). Des solutions encadrées, adossées à des véhicules d’investissement dédiés et à une gouvernance rigoureuse, permettent désormais aux investisseurs qualifiés de s’exposer à ces stratégies dans un environnement sécurisé et conforme. Ainsi, staking et mining constituent deux leviers distincts mais harmonieux, capables de répondre à la fois à des objectifs de rendement immédiat et à des perspectives de croissance durable au sein d’une allocation en actifs numériques.