Objectif : être prêt en 2029

La BCE avance pas à pas
sur l’euro numérique

Créé le

27.10.2025

-

Mis à jour le

03.11.2025

Accords politiques et enjeux techniques sont encore au rendez-vous.

L’euro numérique ne devrait pas voir le jour avant 2029. La Banque centrale européenne (BCE) a annoncé en septembre un nouveau calendrier pour le lancement de la version digitale de la monnaie unique, suite à une réunion à Copenhague réunissant Christine Lagarde, présidente de la BCE, Valdis Dombrovskis et les ministres des Finances de l’Union européenne. Le Conseil européen et le Parlement doivent encore examiner d’ici la fin de l’année la législation proposée par la Commission européenne en juin 2023. Si les institutions européennes finalisent leurs positions d’ici mai 2026 et que la législation est ensuite adoptée, le déploiement de la monnaie prendrait entredeux ans et demi et trois ans.

Selon la BCE, l’euro numérique permettra à l’Europe d’affirmer son autonomie financière et de réaliser des transactions souveraines via une solution transfrontalière, tout en favorisant innovation et inclusion financière. Le projet vise à fournir un compte bancaire à environ 4 millions de personnes exclues du système financier, réduire la dépendance de l’Union européenne aux systèmes de paiement et cartes de crédit américaines, ainsi que faire face aux stablecoins en dollars. Les ministres des Finances de l’Union devront se prononcer sur l’émission de la monnaie numérique et sur le plafond de détention par résident, étape cruciale pour éviter un retrait massif des dépôts. Un compromis a été trouvé sur cette procédure, mais les détails restent à préciser.

Des premiers tests concluants

Alors que certains pays de l’Union européenne disposent déjà de systèmes de paiement numériques nationaux, aucun n’est encore compatible avec l’ensemble des 27 États membres. La BCE a d’ailleurs présenté les résultats de la première phase de sa plateforme d’innovation pour l’euro numérique et annonce une deuxième phase d’expérimentation en 2026. Réalisés avec près de 70 acteurs du marché (commerçants, fintechs, banques, services de paiement...), des tests ont démontré l’efficacité de l’euro numérique pour les paiements conditionnels – les fonds ne sont transférés qu’une fois certaines conditions remplies – que ce soit entre particuliers, pour les transports ou entre entreprises (B2B), où il réduit les coûts, la fragmentation et renforce la liquidité. Ils ont confirmé la faisabilité de reçus électroniques sécurisés, chiffrés de bout en bout et écologiques, ainsi que d’outils de gestion des achats et de suivi budgétaire. Les travaux ont souligné l’importance d’une infrastructure partagée et de normes harmonisées pour garantir une solution fiable, compatible et évolutive à l’échelle européenne.

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº909