En 2008, la toute première cryptomonnaie faisait son apparition. Désormais bien connu, le bitcoin a fait des émules. Aujourd’hui, les cryptos se comptent par milliers : Ethereum, Tether ou encore Dogecoin pour ne citer qu’elles. Elles présentent de nombreux atouts et promesses. Grâce à ces monnaies d’un nouveau genre, les transactions ont tendance à être moins coûteuses et leur approche est considérée comme plus « ouverte » que celle des systèmes bancaires traditionnels. Cela s’explique par la capacité de les suivre et les vérifier de manière transparente et immuable.
Pour autant, le paysage des cryptomonnaies n’est pas tout rose. De nombreuses entreprises et administrations n’ont toujours pas compris les nuances du fonctionnement des actifs numériques, bien qu’ils existent depuis maintenant presque quinze ans. Cependant, les institutions financières et les régulateurs ne peuvent plus se permettre de rester dans l’ignorance. Non seulement ces nouvelles devises se développent rapidement, mais elles ont également un effet évident sur les actifs et les flux de revenus.
On le voit en ce moment même, le paysage des cryptomonnaies évolue constamment, créant des répercussions sur la stabilité des marchés, les réglementations et la fiscalité.
La cryptomonnaie n’a pas été normalisée comme la monnaie traditionnelle. C’est même l’inverse : la notion même de normalisation va à l’encontre de son fonctionnement « ouvert ». Celle-ci fonctionne comme un système financier décentralisé, totalement décorrélé des banques centrales ou des gouvernements. Mais les choses commencent doucement à changer. Si la Commission européenne prévoit la mise en place d’un encadrement juridique à horizon 2024 avec la directive MiCA (Markets in Crypto Assets), la France a légiféré dès 2019 en créant le statut de prestataire en services sur actifs numériques (PSAN).
Pour autant, cette réglementation est extrêmement complexe à mettre en œuvre. Du fait de la complexité inhérente aux actifs numériques et de la diversité des acteurs impliqués, les législateurs doivent composer avec une multitude de facteurs : cybersécurité, divulgation d’informations critiques, protection des consommateurs ou encore fiscalité...
Pour une meilleure traçabilité des usagers
Afin de comprendre les enjeux de traçabilité des actifs numériques, il est nécessaire de se plonger dans la technologie utilisée. Les cryptomonnaies reposent sur des transactions Internet de type « peer-to-peer », ce qui suppose que seules deux parties soient impliquées, sans aucun intermédiaire. Chaque transaction en cryptomonnaie est vérifiée et enregistrée publiquement, de sorte que l’adresse du portefeuille est visible par tous.
On pourrait penser qu’avec une telle transparence, il est facile de relier l’adresse d’un portefeuille à son propriétaire. Mais historiquement, cela s’est avéré un peu plus compliqué. Or, les cryptomonnaies sont des cibles évidentes pour les malversations. Preuve en est avec l’affaire récente de FTX, cette plateforme aujourd’hui en faillite et dont le procès de l’ancien patron pour fraude et complot en vue de commettre un blanchiment d’argent vient de s’ouvrir. La source des actifs numériques ne fait pas obligatoirement l’objet de vérifications et retracer l’origine des fonds peut vite relever du casse-tête.
Avoir peur des cryptomonnaies n’aurait pas de sens. Cependant, comme pour la plupart des innovations, il nous reste encore beaucoup à apprendre. Particuliers, institutions financières, autorités fiscales ou encore gouvernements... Nous devons tous nous montrer prudents.