Bankingtech : après l’euphorie, retour aux fondamentaux

Créé le

13.01.2023

-

Mis à jour le

18.01.2023

Les investissements sont en net recul en 2022, dénotant une attention plus grande portée sur la solidité des entreprises financées, mais le besoin d’innovation n’est pas remis en question à long terme.

Après une année 2021 remarquable pour les bankingtechs (+157 %), due en partie au rattrapage post-Covid, les investissements se sont fortement contractés (-52 %) en 2022 à 9,3 milliards de dollars. Ils retrouvent ainsi leurs niveaux de 2020 en valeur et en volume. Les levées de fonds restent largement dominées par les États-Unis, le Royaume-Uni et le Brésil.

Plus largement, l’évolution observée s’inscrit dans une tendance de fond de l’ensemble du secteur des fintechs, qui enregistre une baisse des levées de fonds de -56 % à 70 milliards de dollars en 2022.

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Cette baisse du financement des bankingtechs s’explique principalement par une moindre valorisation des sociétés, une plus forte sélectivité des investisseurs et un ticket moyen d’investissement qui s’est significativement réduit. En 2021, le ticket était tiré vers le haut par des “megadeals” sur des sociétés matures comme Revolut (800 millions de dollars) ou Nubank (750 millions de dollards). En 2022, seuls les Seed subissent une baisse modérée.

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Le marché des bankingtechs peut être divisée en huit segments, mais trois d’entre eux tirent le marché à la hausse :

− L’open banking : avec une forte croissance en valeur (supérieure à 10 000 %) et en volume (+300 %) par rapport à 2021, les plateformes de services bancaires entraînent ce segment vers le haut. À noter l’investissement dans Cross River (620 milions de dollars) et ClearBank (230 millions de dollars) ;

− le cycle de vie des crédits : les fournisseurs alternatifs de système de notation de crédit tirent ce segment à la hausse. À titre d’exemple, Perfios, société indienne aidant les institutions à optimiser leur data en temps réel pour améliorer la prise de décision sur l’octroi de crédit, a levé 77,3 millions de dollars en 2022 ;

− la regtech : la croissance de ce segment est tirée par les fournisseurs de solutions KYC (+82,6 % de croissance en valeur et +33,3 % en volume). Seon, par exemple, propose aux institutions financières un logiciel permettant de limiter les risques de fraudes d’environ 90 %. Ils ont levé 94 millions de dollars en 2022.

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Hausse de l'inflation, remontée des taux, niveau d’exigence à la hausse des investisseurs, chute de la confiance des consommateurs : autant d’éléments qui se sont imposés dans le paysage économique en 2022 et ont favorisé un recul des investissements.

Il est probable que 2023 voit se poursuivre la tendance selon laquelle l’exploitation de la donnée reste un élément clé au service de l’expérience utilisateur, de l’efficacité opérationnelle (ciblage des risques) et de la personnalisation des produits et services proposés. Ce besoin d’innovation favorise l’investissement dans la bankingtech sur le long terme mais, après plusieurs années d’euphorie, les investisseurs seront désormais plus sélectifs et attentifs, notamment, à la solidité du modèle économique des sociétés financées.