221 milliards d’euros : c’est le montant
des instruments d’une maturité résiduelle
de moins d’un an, détenus par 304 banques
de l’UE qui seront inéligibles d’ici juin 2026 au minimum d’exigences en fonds propres et engagements éligibles (MREL). Ce chiffre s’inscrit dans le cadre du tableau de bord semestriel MREL de l’Autorité bancaire européenne. Ce document suit la capacité
des banques à mobiliser capital et dette éligible pour absorber les pertes en résolution, sans soutien public. Dans la précédente mise à jour du tableau de bord, 242 milliards d’euros d’instruments MREL étaient identifiés comme inéligibles à la fin décembre 2025. Techniquement, le besoin des banques de remplacer ou renouveler ces instruments est donc légèrement moindre qu’il y a un semestre.
Moins de capital et plus de dettes seniors chez les GSII
Même si certaines dettes vont perdre leur éligibilité, elles ne représentent qu’une fraction des ressources MREL hors capital : 16 % du total des instruments éligibles hors fonds propres pour les établissements d’importance systémique mondiale (GSII) ou 20 % pour
les Top-Tier, ces entités de résolution appartenant à des groupes de plus de 100 milliards d’euros d’actifs et les fished, ces entités de résolution de groupes plus petits, jugées susceptibles de poser un risque systémique en cas de défaillance. Enfin, le niveau est de 21 % pour les autres banques.
Le niveau de ressources pour absorber les pertes en cas de défaillance reste élevé chez les GSII.
À fin juin 2025, l’exigence moyenne externe de MREL pour ces acteurs s’élevait à 28,9 % des actifs pondérés par les risques (RWA), contre 28,5 % pour les banques Top-Tier/fished et 24,3 % pour les autres. L’exigence moyenne de subordination (part de dettes subordonnées) atteignait 21,5 % des RWA pour les GSIIs et 22 % pour les banques Top-Tier/fished. Les banques satisfont principalement ces exigences via des instruments de fonds propres (19,8 % des RWA pour les GSIIs, 21,6 % pour les Top-Tier/fished, 20,8 % pour les autres banques). En termes de passifs éligibles, la dette senior non préférentielle est utilisée par les GSIIs (8,2 % des RWA), par les banques Top-Tier/fished (7,7 %). Les autres banques ont recours à la dette senior non sécurisée (5,8 % des RWA).