Stress-tests

La solvabilité se renforce
plus vite en Europe
qu’aux États-Unis

Créé le

20.05.2025

-

Mis à jour le

27.05.2025

Explication méthodologique sur les stress-tests menés par les banques centrales.
De quoi comprendre les différences de résultats sur certains indicateurs.

Depuis la crise de 2009, les tests de résistance sont devenus des outils clés pour évaluer la capacité des banques à absorber des chocs extrêmes et fixer des exigences de fonds propres adaptées. Bien qu’ils s’inscrivent dans le cadre commun de Bâle, leur mise en œuvre diffère entre l’Europe et les États-Unis, selon une analyse de la Banque de France. Conduits sur un échantillon de 70 banques en 2023, représentant un total de bilan supérieur à 30 milliards d’euros, les tests européens reposent sur une approche bottom up : les banques modélisent leurs projections de risques et de rentabilité, qui sont validées ensuite par le superviseur. Basés sur l’approche top down, les tests américains sont menés selon les modèles de la Réserve fédérale, sur un panel plus restreint de 23 banques en 2023. Dans le détail, il s’agit des grandes banques avec un total de bilan de plus de 100 milliards de dollars.

Divergence forte sur les actifs pondérés par les risques

La Fed utilise les résultats des tests pour fixer les exigences CET1 et valider les plans de capitalisation. En Europe, les résultats alimentent le jugement du superviseur, sans déclencher automatiquement de hausse des fonds propres. Progressifs et persistants en Europe, les scénarios défavorables macroéconomiques, devenus plus sévères, intègrent une remontée rapide des taux. Aux États-Unis, les chocs sont plus courts, avec d’abord une baisse des taux suivie d’un rebond.

Depuis 2014, la solvabilité s’est renforcée plus rapidement en Europe qu’aux États-Unis : le ratio CET1 des 10 plus grandes banques européennes est passé de 10,8 % à 14,4 % (+43,8 %), contre 11,4 % à 12,1 % (+31,7 %) pour leurs homologues américaines.

A contrario, les actifs pondérés par les risques ont crû plus fortement aux États-Unis (+24,8 % contre +7,7 % en Europe). En 2023, malgré des scénarios défavorables, les grandes banques des deux zones ont respecté les exigences en fonds propres et assuré la continuité du financement de l’économie. Les stress-tests ont renforcé la résilience du système bancaire, surtout en zone euro où aucun défaut n’a été constaté.

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº905