États-Unis

La démission choc du régulateur bancaire laisse la voie libre à Trump

Créé le

15.01.2025

-

Mis à jour le

27.01.2025

Michael Barr ne s’occupera plus de la supervision bancaire aux États-Unis. La bonne nouvelle pour
les banques américaines ne l’est pas, en revanche, pour la crédibilité de la Réserve fédérale.

Il n’y aura pas de guerre entre la présidence Trump et la banque centrale américaine dans ce domaine. Michael Barr, le vice-président de la Réserve fédérale (Fed) chargé de la supervision bancaire, tire sa révérence. Avant même l’investiture de Donald Trump, il a annoncé qu’il quittera ses fonctions au plus tard le 28 février, évitant ainsi la confrontation directe avec le nouvel occupant de la Maison Blanche. « Le poste de vice-président chargé de la supervision a été créé après la crise financière mondiale afin d’accroître la responsabilité, la transparence et l’obligation de rendre compte de la supervision et de la réglementation du système financier par la Réserve fédérale », a rappelé le gendarme du système financier dans un communiqué. « Le risque de conflit autour de cette fonction pourrait nous détourner de notre mission », a-t-il justifié. En poste depuis juillet 2022, Michael Barr était la figure de proue de la régulation bancaire de la banque centrale sous l’administration Biden. Et ce n’était un mystère pour personne qu’il serait sur la sellette avec Trump aux commandes.

Bingo pour les banques américaines

« La capitulation sans fondement du vice-président de la Fed devant les fanatiques de la déréglementation détruira en fait cette mission plus rapidement et plus complètement que n’importe quel conflit sur le poste », a averti Dennis Kelleher, président directeur général de Better Markets, une organisation indépendante. Selon lui, « l’ensemble de la mission et du mandat du vice-président chargé de la supervision restera probablement lettre morte puisqu’un dérégulateur sera sans aucun doute nommé à ce poste ». Cette nomination devra se faire parmi les membres du Comité de politique monétaire de la Fed (FOMC) et être confirmée par le Sénat à majorité républicaine.

Du côté des banques, c’est plutôt le soulagement qui domine. L’industrie était assez remontée contre Michael Barr et sa proposition de juillet 2023 de transposition des règles prudentielles de Bâle III, dite « Basel III endgame ». Il prévoyait d’augmenter d’environ 19 % le montant des fonds propres à détenir par les plus grandes banques du pays. Des établissements qui viennent par ailleurs d’attaquer leur régulateur. Face à la levée de bouclier du secteur, il avait dû ramener ce taux à 9 % en septembre, sans pouvoir pour autant finaliser la réforme. À noter : le mandat de Michael Barr courait jusqu’en juillet 2026 et il conservera son siège au Conseil des gouverneurs de la Fed. Ingrid Hazard

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº901