Deux ans après la publication du rapport Draghi, la Banque d’Espagne dresse un état des lieux de sa mise en œuvre. Elle a classé ses 176 propositions en neuf domaines, parmi lesquels l’énergie, la défense, le capital humain et la numérisation. Le constat est clair : le programme avance, mais à des rythmes très différents. Selon la Banque d’Espagne, il n’existe pas de lien direct entre le potentiel de transformation d’un domaine et la vitesse des réformes. L’énergie et les matières premières critiques présentent ainsi le plus fort potentiel transformateur. Pourtant, près de 40 % des mesures concernant les matières premières critiques ont déjà été mises en œuvre, contre un peu plus de 1 % dans l’énergie, le taux le plus faible des neuf domaines.
La défense européenne montre à l’inverse l’importance du contexte politique. Considérée en 2024 comme l’un des domaines les plus difficiles à réformer, elle a bénéficié d’un fort sentiment d’urgence lié aux tensions géopolitiques et aux incertitudes sur l’engagement américain envers l’Europe et l’OTAN. La part des mesures mises en œuvre est ainsi passée de 22 % à 53 % entre septembre 2025 et juillet 2026. Pour la Banque d’Espagne, une réforme avance donc surtout lorsqu’un sentiment d’urgence est partagé par les États membres. À l’inverse, dans des domaines comme l’énergie ou la numérisation, les bonnes intentions ne suffisent pas toujours à maintenir la dynamique.