Rapport annuel de la BCE

Des banques robustes mais soumises à de nouveaux risques

Créé le

27.03.2026

-

Mis à jour le

22.04.2026

La solidité financière des établissements européens est acquise et ne pose plus question. Le superviseur européen identifie cependant des zones d’ombre et appelle à la prudence, notamment sur le risque de crédit.

Les banques européennes affichent une solide santé financière en 2025. Selon le rapport annuel de supervision de la Banque centrale européenne (BCE), leurs niveaux de capital et de liquidité dépassent nettement les exigences réglementaires et leur rentabilité demeure robuste. Pour Claudia Buch (photo), présidente du Conseil de surveillance de la BCE, cette situation favorable ne doit cependant pas occulter les vulnérabilités persistantes ni les zones d’ombre dans l’évaluation des risques.

Parmi les principales sources d’incertitude figurent les risques géopolitiques, toujours susceptibles d’affecter la stabilité financière. La BCE met également en garde contre l’exposition croissante des banques aux fonds de crédit privé et, plus largement, aux institutions financières non bancaires (NBFI). Cette interconnexion accrue, mal appréhendée, pourrait amplifier les chocs en cas de tensions sur les marchés. Le superviseur pointe en particulier des lacunes dans l’évaluation du risque de crédit : certaines banques peinent à détecter rapidement la dégradation de la solvabilité de leurs contreparties. Des risques de concentration et de liquidité au sein des portefeuilles sont également évoqués.

Davantage d’agilité opérationnelle

Les établissements ont été soumis à des tests spécifiques dans le cadre du règlement DORA, afin d’évaluer leur résilience numérique : l’agilité opérationnelle pourrait être améliorée. La BCE souligne en outre la dépendance des banques à un nombre limité de prestataires de services critiques. Les risques liés au climat et à l’environnement demeurent, quant à eux, difficiles à cerner. En cause, des données lacunaires.

Face à ces incertitudes persistantes, la BCE prévoit un exercice de « stress-test inversé ». Le superviseur fixe un résultat de perte de capital. Les banques devront inventer les scénarios géopolitiques qui pourraient y conduire. En d’autres termes, elles devront statuer elles-mêmes sur la nature et l’ampleur des risques susceptibles de les fragiliser. F. A.

Les banques européennes ont affiché une solide santé financière en 2025. « Les coussins de capital et de liquidité (...) sont nettement supérieurs aux exigences réglementaires et leur rentabilité est solide », a déclaré Claudia Buch, présidente du Conseil de surveillance de la Banque Centrale Européenne (BCE), lors de la publication, en mars, du rapport d’activité de supervision de 2025. L’institution européenne n’en a pas moins mis en garde : elle identifie des sources de vulnérabilité persistantes, ainsi que des zones d’ombre dans l’évaluation des risques.

L’exposition croissante aux NBFI

Les risques géopolitiques constituent un premier facteur d’incertitudes majeures. La BCE alerte aussi sur une exposition croissante, et qui évolue rapidement, des banques aux fonds de marché privé, et aux institutions financières non bancaires (NBFI, Non Bank Financial Institutions) de façon générale. Pour l’institution, les retombées possibles en sont mal évaluées. Les principales insuffisances ont été relevées sur le risque de crédit. Certaines banques ont des difficultés à détecter la dégradation de la solvabilité de leurs contreparties, pointe le superviseur, qui soulève en outre d’éventuelles problématiques de concentration et de liquidité des portefeuilles.

Le risque de crédit à l’origine de la majorité des « mesures de supervision »

$!Des banques robustes mais soumises à de nouveaux risques

Avec l’entrée en application du règlement DORA, la résilience et l’agilité opérationnelles numériques des banques ont fait l’objet de tests spécifiques. Des progrès ont été accomplis mais les efforts doivent se poursuivre en matière de cyber résilience. La BCE souligne en outre la dépendance des établissements à un nombre limité de tiers prestataires de services critiques.

Qualité et gouvernance des données en question

Plus diffus, les risques liés au climat et à l’environnement restent mal identifiés. La qualité des données participe de ces difficultés selon le rapport de supervision. Collecte, gouvernance et analyse des données y font d’ailleurs l’objet de remarques récurrentes, et pour plusieurs périmètres.

Le stress-test 2025 a conclu à une réelle capacité des banques à résister à des chocs de nature géopolitique, mêmes sévères. Face aux insuffisances et incertitudes qui demeurent, la BCE prévoit cette année un « stress-test inversé » : le superviseur fixe un résultat de perte de capital et demande aux banques d’inventer les scénarios géopolitiques qui pourraient y conduire. En d’autres termes, ces dernières devront statuer elles-mêmes sur la nature et l’ampleur des risques susceptibles de les fragiliser.

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº916