G-SIB

Crédit Agricole devient un peu plus systémique

Créé le

24.12.2024

La banque verte est la seule à changer de catégorie à la hausse dans la dernière liste des établissements systémiques. À la clef, un besoin accru de fonds. Pas de souci : la banque en a !

Fin novembre, le Conseil de stabilité financière (FSB) a publié sa liste 2024 des banques d’importance systémique mondiale (G-SIB). Alors qu’aucune banque n’a rejoint ce cercle très fermé de 29 G-SIB (voir infographie), la surprise de cette édition est le retour du Groupe Crédit Agricole en « catégorie 2 ». Il avait quitté ce niveau en 2014 pour descendre en « catégorie 1 ». Cette remontée est synonyme d’une exigence de capacité d’absorption des pertes plus élevée à satisfaire d’ici au 1er janvier 2026. Le ratio de fonds propres de niveau 1 (CET1) en pourcentage des actifs pondérés du risque à respecter pour la banque verte passe de 1 % à 1,50 %. À l’inverse, Bank of America recule de la « catégorie 3 » à la « catégorie 2 » : elle bénéficiera d’un allégement des exigences de 2 % à 1,50 %.

BNP Paribas reste en catégorie 2

Le FSB explique que « les modifications dans l’attribution des institutions aux catégories reflètent en grande partie les effets des évolutions dans l’activité sous-jacente des banques, la catégorie de complexité étant le principal facteur des variations de score ». Les autres facteurs d’importance systémique portent sur la taille, l’interconnexion, la substituabilité, et l’activité transfrontalière. BNP Paribas reste en catégorie 2. Groupe BPCE et Société Générale sont maintenues en catégorie 1.

En parallèle, les banques françaises ont reçu en décembre la notification réglementaire de la Banque Centrale Européenne dans le cadre du Supervisory Review and Evaluation Process (SREP) 2024. Il indique, entre autres, les exigences de fonds propres à compter du 1er janvier 2025. Les niveaux du ratio CET1 exigés, qui incluent les exigences du Pilier 2 et les coussins de fonds propres (conservation, G-SIB, contracyclique et risque systémique), sont fixés à 10,59 % pour BPCE, 10,29 % pour BNP Paribas, 10,22 % pour Société Générale et 9,8 % pour Crédit Agricole, des niveaux bien en deçà de leur solvabilité constatée. Au 30 septembre 2024, le ratio CET1 de Crédit Agricole s’élevait à 17,4 %, contre 16,2 % pour Groupe BPCE, 13,7 % pour Société Générale et 12,7 % pour BNP Paribas.

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À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº899-900