Accord entre les autorités compétentes

Nouvelle vague de dérégulation bancaire aux États-Unis

Créé le

26.11.2025

L’allègement massif des règles prudentielles pourrait libérer environ 2 600 milliards de dollars de capitaux d’ici 2026.

Le ton avait été donné dès l’arrivée au pouvoir de Donald Trump. Il avait promis d’alléger les contraintes réglementaires des banques et de faire en sorte que la transposition des règles prudentielles de Bâle III, soit au minimum “neutre” en termes de capital. Depuis, le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, a clairement fait de la réduction des exigences en matière de fonds propres des banques une priorité du programme de déréglementation de l’administration républicaine.

La Fed rentre dans le rang

C’est presque chose faite. La Réserve fédérale (Fed), la Federal Deposit Insurance Corporation and l’Office of the Comptroller of the Currency viennent en effet de s’entendre sur un plan définitif visant à assouplir les principales exigences en matière de fonds propres des banques. Les autorités ont soumis à la Maison Blanche leur proposition relative au ratio de levier supplémentaire renforcé (SLR). On se souvient que la proposition initiale de la Fed prévoyait une augmentation de 16 à 25 % des fonds propres des banques de plus de 100 milliards de dollars d’actifs en 2023. Ce qui avait provoqué une levée de bouclier de l’industrie ! Dans ce nouveau cadre, les plus grandes banques du pays, jusqu’à présent soumises à une SLR de 5 %, verraient leurs obligations en matière de fonds propres considérablement allégées. Parallèlement, la Fed vient également de voter un projet de refonte du système d’évaluation des plus grandes institutions financières.

Les grands établissements favorisés

De quoi doper les capacités de prêt des géants bancaires et leur compétitivité. Une récente note de Jefferies estime que la déréglementation devrait libérer environ 2 600 milliards de dollars de capitaux d’ici 2026, soit 16 % du total des actifs bancaires américains. Et ce principalement grâce à une réduction de 15 % des exigences en matière de fonds propres de base de catégorie 1, le CET1. Selon Aniket Shah et Daniel Fannon “la libération de capitaux pour les G-SIB (les banques systémiques) devrait entraîner une hausse de 6 % du ROTE (Return on tangible equity, ndlr) pour les banques américaines”. À cela s’ajoute une forte croissance du crédit, des fusions et acquisitions et des investissements technologiques. Enfin, soulignent les analystes, “cette concentration des avantages renforcera la position concurrentielle des plus grandes banques sur les marchés mondiaux”.

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº910