La DSP2 a permis l’innovation : l’exemple Fintecture

Créé le

16.04.2025

-

Mis à jour le

28.04.2025

Ouvrir les données, les acteurs traditionnels n’y étaient pas favorables. Pour quelle utilité ? La création de Fintecture témoigne que cette évolution réglementaire a permis de combler des besoins. Illustration détaillée dans le monde du paiement et des services y afférents.

L’histoire de Fintecture est partie d’un constat simple, mais structurant : bien que massivement utilisé dans les échanges interentreprises, le virement bancaire demeurait insuffisamment adapté aux parcours de paiement professionnels. La directive européenne DSP2 a ouvert un nouveau champ des possibles : celui de permettre à des fintechs d’initier des virements directement à partir des comptes bancaires, en contournant les réseaux traditionnels de cartes. C’est précisément cette rencontre entre une friction persistante dans l’expérience utilisateur et une opportunité réglementaire forte qui a permis de faire émerger Fintecture en 2020.

L’entreprise est née avec la volonté de bâtir ses innovations sur une dynamique d’intelligence collective. Chaque nouvelle fonctionnalité développée est le résultat d’un dialogue constant entre les équipes produit, commerciales, réglementaires et stratégiques. Souvent issues du terrain, les idées sont rapidement confrontées aux exigences opérationnelles, aux contraintes techniques, puis raffinées à la lumière des impératifs réglementaires. Elles sont ensuite traduites en solutions concrètes, prêtes à être testées, validées et déployées. C’est précisément ce fonctionnement transversal et itératif, profondément ancré dans les usages réels des entreprises, qui nous permet de répondre chaque jour à des problématiques complexes avec agilité.

De grandes entreprises séduites par l’offre

Dès ses débuts, Fintecture a fait le choix stratégique d’investir dans une infrastructure propriétaire, connectée à plus de 3 000 banques à travers l’Europe. Cette infrastructure n’a pas été pensée comme une simple surcouche technologique reposant sur des APIs standard. Elle a été conçue comme une architecture robuste et complète, capable de prendre en charge les cas d’usage critiques rencontrés par les entreprises : encaissements, décaissements, ventes à distance, paiements différés, à échéance ou récurrents. L’infrastructure repose sur des connexions directes aux APIs bancaires et permet d’initier des virements bancaires directement du compte du payeur vers celui du marchand, dans un environnement maîtrisé et sécurisé de bout en bout.

Allié à une compréhension fine des processus métiers, ce positionnement technique a permis de convaincre de grandes entreprises telles qu’Auchan, Leroy Merlin, Edenred, Maisons du Monde, Saint-Gobain Distribution ou encore Total Énergies. Toutes utilisent Fintecture dans des contextes où les exigences sont élevées : montants unitaires significatifs, cycles de facturation complexes, environnements multicanaux et chaînes d’approvisionnement comportant de nombreux intervenants.

Services complémentaires associés au paiement

Mais il n’est pas question que de paiement. L’intégration étroite entre l’initiation de paiement (PIS), l’accès aux informations de compte (AIS) et la détention de compte permet d’automatiser la génération des bonnes écritures comptables dès l’origine du flux. Cela réduit drastiquement les erreurs de rapprochement, limite les interventions manuelles et diminue les risques de litige entre clients et fournisseurs. Pour les entreprises traitant un volume important de transactions, l’impact est immédiat : gains de productivité, meilleure fiabilité des écritures comptables, renforcement du contrôle interne. La réconciliation est assurée automatiquement dès la réception des fonds, sans aucune action requise de la part du client final. Des fonctionnalités complémentaires viennent renforcer cette logique d’efficacité : reportings intégrés directement dans les outils métiers, gestion automatisée de décaissements à partir de comptes de paiement, ou encore identification fiable des clients grâce au module propriétaire Verify.

L’émergence de nouveaux acteurs dans l’écosystème des paiements ne peut se faire au détriment des standards de sécurité. Consciente de cet enjeu, Fintecture a conçu dès l’origine un dispositif avancé de lutte contre la fraude, pensé pour s’adapter aux spécificités de chaque entreprise. Le module Premium Fraud Shield permet d’analyser chaque transaction en temps réel à partir de plusieurs signaux : cohérence des données saisies par le payeur, empreinte digitale de la session, fréquence des transactions et historique comportemental.

Une surcouche anti-fraude

Lorsqu’un risque est détecté, la transaction peut être bloquée de manière préventive, avant même que les fonds n’aient été crédités. Ceux-ci sont alors automatiquement renvoyés vers la banque émettrice, évitant ainsi la complexité d’une gestion a posteriori. Ce dispositif s’appuie sur une base de données comportementale riche. Il est personnalisable selon le profil de risque de chaque marchand, son secteur d’activité ou son canal de distribution. En complément, la solution Verify renforce la sécurité en amont, dès l’enrôlement d’un tiers, en vérifiant la concordance entre les informations d’identité et les coordonnées bancaires. Elle permet ainsi de prévenir efficacement les fraudes au faux fournisseur et les usurpations.

Nous proposons aujourd’hui trois solutions de paiement par virement, spécifiquement conçues pour couvrir les principaux cas d’usage identifiés auprès des marchands et des professionnels. Le virement immédiat permet un paiement rapide sans saisie manuelle d’IBAN, via une interface open banking fluide et sécurisée. Le virement intelligent intègre nativement la réconciliation comptable automatique en temps réel. Enfin, le décaissement vérifié est pensé pour effectuer des remboursements ou des crédits rapides et sécurisés vers un compte client.

Ces modules peuvent être utilisés de manière indépendante ou combinés, dans une approche intégrée. Fintecture propose également un ensemble de services complémentaires, entièrement personnalisables : support opérationnel dédié, configuration avancée des règles anti-fraude, ou encore gestion centralisée des décaissements via compte de paiement.

Cette offre modulaire permet de s’adapter à une grande diversité de parcours : paiements en point de vente, à distance, en vente assistée ou dans le cadre de processus de facturation complexes. Cette flexibilité est essentielle pour répondre aux besoins d’entreprises opérant dans des environnements structurés, souvent multi-entités ou multi-canaux.

Demain, DSP 3 et FiDA...

Juridiquement, Fintecture est un établissement de paiement agréé par l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution. Déjà présente dans plusieurs pays de la zone SEPA, son infrastructure a été conçue dès le départ pour accompagner les déploiements internationaux de ses clients, en garantissant la cohérence des parcours utilisateurs, la conformité aux réglementations locales et l’interopérabilité des systèmes techniques.

Les évolutions réglementaires à venir, notamment l’arrivée du Payment Services Regulation (PSR) et de la DSP3, viennent conforter ce positionnement. Le maintien du principe de gratuité d’accès aux API DSP2, en particulier, représente un levier stratégique pour valoriser les investissements réalisés depuis une décennie dans des solutions interopérables. Fintecture soutient par ailleurs l’émergence de nouveaux services fondés sur des API dites « premium » ou les services issus du cadre FiDA (règlement européen en cours de discussion sur l’accès aux données financières), dès lors qu’ils correspondent à un besoin avéré du marché et qu’ils reposent sur une logique d’investissement claire et partagée.

Mais la seule cohérence réglementaire ne suffit pas. Encore faut-il qu’elle puisse être mise en œuvre de manière fluide, concertée et techniquement réaliste. C’est dans cette optique que nous militons pour la création d’un cadre de Place structurant, réunissant l’ensemble des parties prenantes – régulateurs, banques, PSP, entreprises – afin d’identifier ensemble les points de blocage, mutualiser les retours d’expérience et faire évoluer les pratiques dans la durée.

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº904