C’est le constat de l’Association for Financial Markets in Europe (AFME) : les banques européennes ne parviennent pas à générer des économies d’échelle au-delà de 450 milliards d’euros d’actifs et peinent à se consolider. Dans son rapport, l’association recense les obstacles structurels limitant l’efficacité de l’Union bancaire. Il y a d’abord, l’absence d’un schéma européen d’assurance des dépôts pleinement opérationnel. Ensuite, les États membres font face à des règles nationales non harmonisées et de pratiques de supervision incohérentes. Par exemple, l’Allemagne, Le Luxembourg et Malte possèdent une forte part d’institutions non supervisées directement par la Banque Centrale européenne.
La fluidité empêchée par le cloisonnement réglementaire des capitaux
Côté coût du capital, les exigences minimales de fonds propres et d’engagements éligibles atteignent 28 % des actifs pondérés en fonction des risques dans l’Union européenne, contre 22 % aux États-Unis et 27 % au Royaume-Uni. Malgré dix ans d’intégration, les services bancaires transfrontaliers restent marginaux. Si certains États se distinguent par une activité transfrontalière élevée, comme l’Irlande (50 %) et le Luxembourg (60 %), d’autres, comme le Portugal ou la Croatie, restent très limités.
D’après l’AFME, plus de 225 milliards d’euros de capital et 250 milliards de liquidités restent bloqués dans des filiales à cause du cloisonnement réglementaire des capitaux. Ce qui les empêche d’être transférés librement entre filiales ou vers la maison-mère et freine les opérations.
On se marie en 85 jours en Suisse
Ces disparités transforment les fusions bancaires transfrontalières potentielles en négociations longues et coûteuses. Depuis 2014, leur durée s’est allongée de plus de 100 jours et atteint en moyenne 285 jours en Europe, contre 219 aux États-Unis, 187 en Chine et 85 en Suisse. Cette lenteur décourage les rapprochements, dont le nombre a diminué, et limite les gains de consolidation. L’association recommande donc d’harmoniser la supervision et les règles de capital, de simplifier le cadre macroprudentiel et de réviser les exigences MREL.