Cinq ans après le Brexit

La City booste sa compétitivité

Créé le

22.12.2025

-

Mis à jour le

12.01.2026

La place financière londonienne travaille activement, avec la dérégulation
comme boussole. Le point sur
les dernières annonces.

Mise à mal par la crise de 2008 et les soubresauts du Brexit, la place financière londonienne semble bien décidée à aller de l’avant. Au cours de ces deux dernières années, un certain nombre de mesures avaient déjà été prises pour doper la compétitivité de la City. Objectif : rapprocher cette dernière de sa grande sœur, la bourse de New York, qu’elle continue à talonner dans le classement Global Financial Centres Index (GFCI) établi par Z/yen et le China Development Institute. Après notamment une remise à plat des règles de cotation et la suppression du plafonnement des bonus des banquiers héritée de Bruxelles, la capitale britannique a poursuivi sa transformation, comme en témoigne le florilège d’initiatives annoncées ces derniers mois.

Pas de hausse des taxes

Fin novembre, Rachel Reeves, la chancelière de l’Échiquier britannique, a ainsi épargné aux banques une augmentation de la taxe sectorielle dans son budget. De son côté, début décembre, la Banque d’Angleterre a revu à la baisse son estimation des besoins en fonds propres, après que les sept plus grands établissements du pays ont réussi son dernier test de résistance.

Du côté du régulateur, la Financial Conduct Authority (FCA), le mot d’ordre reste la simplification. L’une des dernières propositions en date concerne l’assouplissement du régime sur le reporting des transactions. Alors qu’elle reçoit plus de 7 milliards de livres de rapports de transactions MIFID par an, l’institution propose une série de changements visant à une économie de quelque 100 millions de livres.

Des allégements sur la gouvernance produits

Dans le cadre d’une déclaration de principes, la FCA veut aussi simplifier les règles assurantielles en permettant désormais aux entreprises, pour les produits conçus conjointement par plusieurs assureurs, de désigner une seule entité comme responsable de la gouvernance des produits. Corollaire de cette mesure, l’exigence de revue annuelle de ces produits disparaît. Ce sera désormais aux entreprises de fixer la fréquence des revues en fonction des risques.

Le Trésor britannique entend aussi réduire les barrières à l’entrée des acteurs de la fintech. Récemment, il a annoncé la création d’un régime d’autorisation provisoire permettant à ces entreprises d’opérer sous la supervision de la FCA. Leur activité sera limitée en attendant l’obtention d’une autorisation définitive.

Enjeu autour des cryptos

Consciente du retard pris par le Royaume-Uni par rapport à l’Europe, et surtout aux États-Unis, le gouvernement britannique a également dévoilé en décembre un projet de régime de régulation des crypto-actifs, qui sera effectif à compter du second semestre 2027. Avec un objectif : « faire du Royaume-Uni une destination mondiale pour les actifs numériques et attirer davantage d’investissements », selon un communiqué du ministère des Finances britannique. Le ton est donné. Stéphanie Salti

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº911-912