Un plan de transition est plus qu’un outil de gestion des risques

Créé le

22.04.2024

Les plans de transition sont désormais un concept bien établi pour les banques systémiques (G-SIB) engagées dans une trajectoire zéro émission nette. Ils montrent le rôle fondamental
que jouent les institutions financières dans la transition de l’économie réelle.

La planification de la transition vise à parvenir à la neutralité carbone et à une économie durable. Notre plan de transition est essentiellement destiné à soutenir nos clients dans leur transition vers la zéro émission nette, y compris pour les secteurs très polluants. Nous nous engageons auprès de nos clients opérant dans des secteurs tels que l’énergie, le pétrole et le gaz, l’acier, le transport maritime et l’immobilier, dans diverses régions du globe, avec différents défis à la clé.

Toutefois, il n’est pas question de sélectionner certains secteurs auxquels ne plus s’exposer. Nous aidons tous nos clients à réussir leur transition en investissant dans des technologies qui peuvent les aider dans leur stratégie net-zéro. Seule cette approche nous aidera à verdir à la fois l’économie et nos bilans. Il faut comprendre un élément clé : pour nous, les banques, la transition de nos clients est aussi la nôtre.

Atténuer le risque au bilan

La gestion du risque climatique joue un rôle important pour évaluer la partie de notre bilan qui « pose un risque ». Néanmoins, la gestion du risque climatique consiste à garantir de pouvoir gérer et, dans une certaine mesure, atténuer ce risque particulier dans notre bilan. Une stratégie de transition n’est nullement une stratégie d’opportunité commerciale : ce n’est pas un exercice de gestion des risques et ces deux approches ne doivent donc pas être confondues.

Nous prenons note des développements récents en vertu desquels la transition semble être considérée par les organismes de supervision et de régulation comme une solution miracle pour atteindre la neutralité carbone, autant que comme un outil de gestion des risques.

Le Comité de Bâle a publié un document consultatif détaillant les exigences de communication financière, y compris les plans de transition, ainsi que les « estimations » des émissions financées.

En Asie, l’Autorité monétaire de Singapour a publié un document consultatif sur la planification de la transition.

Le Conseil de stabilité financière (CSF) a mis en place un groupe de travail pour évoquer la façon d’utiliser les plans de transition pour surveiller les implications « macroprudentielles » de la transition.

Il semble qu’il y ait un décalage entre la façon dont les banques voient la planification de la transition dans le cadre d’un engagement fort avec l’économie réelle et la façon dont les régulateurs semblent utiliser ce concept pour n’inciter que les banques à verdir leur bilan, faisant planer le risque d’une absence totale de transition pour les secteurs très polluants.

Le scope 3 ne suffit pas

Si nous reconnaissons que les émissions financées (scope 3) d’une banque constituent un point de données important pour comprendre sur quoi se concentre sa stratégie de transition, cette information ne devrait néanmoins pas être utilisée comme un outil pour déterminer comment la banque gère ses risques climatiques. Ainsi, soutenir la transition de l’économie réelle signifie que dans certains secteurs, les banques responsables qui ont mis en place un cadre très efficace de gestion des risques doivent accepter un risque supplémentaire pour s’assurer que les secteurs intensifs en émissions peuvent réussir leur stratégie de transition.

Nous voyons la planification de la transition comme un mouvement de croissance, non comme un exercice de conformité. En tant que facilitateurs de financement de l’économie réelle, nous voulons continuer à soutenir la transition de nos clients au niveau mondial, tout en assurant la stabilité du système financier. Le changement climatique et la transformation de notre économie constituent le plus grand défi de notre époque, lequel exige la collaboration de toutes les parties en présence.

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº892