TPE et PME : le rôle clé
des financements innovants

Créé le

23.10.2024

-

Mis à jour le

28.10.2024

Les petites et moyennes entreprises ont un impératif : être acteur de la transition énergétique. La remise en cause de leur modèle d’affaires impose de revoir leurs logiques d’investissement et de financement. Grâce au travail de nombreux intervenants, des solutions existent.

Face aux défis du changement climatique, la transition énergétique s’impose comme une priorité. Dans notre pays, elle est encadrée par la Stratégie nationale Bas-Carbone et la Programmation pluriannuelle de l’énergie. Ensemble, ces textes fixent les orientations stratégiques pour la production, l’efficacité énergétique et la décarbonation. Pour les entreprises, cette transition ne se limite pas à d’utiles mesures de sobriété énergétique : il exige de revoir en profondeur leurs pratiques pour réduire l’utilisation de matières premières, la consommation d’énergie et les émissions de CO2, pour ainsi « produire mieux ».

Bien que conscients de ces enjeux, les dirigeants de TPE-PME peinent à les intégrer. Le coût de l’accès aux technologies nouvelles, souvent nécessaires au développement de modèles moins carbonés, est évidemment un frein pour eux. Accélérer le rythme de la transition des entreprises vers un modèle économique durable pose donc la question de leur capacité d’investissement. Selon la Banque de France, le financement est le principal obstacle à la réalisation de cette transition énergétique pour 60 % des entreprises industrielles.

Les financements BEI accessibles aussi aux PME

Pour faire face à ces défis, il est impératif de coordonner les efforts entre les différents acteurs – entreprises, constructeurs, financeurs et organismes publics de subvention –, afin de développer des stratégies nouvelles. Objectif : permettre de soutenir les entreprises tout au long de leur transition. Cela inclut non seulement le financement direct des investissements, mais aussi l’accompagnement dans le choix des équipements, la planification des travaux et la gestion des projets dans la durée. Et bonne nouvelle, des solutions existent.

Si les grands projets de décarbonation portés par les plus grandes entreprises ou les acteurs publics se financent de plus en plus grâce aux marchés financiers ou aux fonds d’investissement, les projets de transition des PME peuvent également être soutenus financièrement. Dans le cadre de la transition énergétique, les mécanismes de soutien public, tels que les prêts proposés par la Banque Européenne d’Investissement (BEI) ou les instruments de garantie accordés par le Fonds Européen d’Investissement (FEI), jouent un rôle crucial. Ils fournissent aux entreprises françaises, par l’intermédiaire des établissements financiers, les fonds nécessaires pour investir dans des technologies et infrastructures durables, tout en atténuant les risques financiers associés. En 2023, la France est devenue le premier pays bénéficiaire des financements de la BEI consacrés à la lutte contre le changement climatique et à l’atténuation de ses effets.

Prêteurs et l’Europe à la manœuvre

Les prêteurs, en partenariat avec les instances européennes, ont un rôle stratégique d’accompagnement des entreprises, et notamment des PME, dans ce financement complexe de leur transition. Ils permettent de mobiliser des fonds à grande échelle pour soutenir les projets les plus ambitieux, tout en offrant une expertise précieuse dans la gestion des risques, l’optimisation des investissements et l’appréhension des enjeux liés à la durée de vie des équipements. Ce qui est essentiel pour planifier des investissements sur le long terme. Franfinance, acteur du financement des entreprises dans des secteurs tels que l’équipement industriel, le transport, la manutention et les solutions de haute technologie, est pleinement engagé sur cette voie.

L’économie d’usage : un modèle économique
au service de la transition énergétique

Il est un autre chemin : l’économie d’usage qui privilégie l’utilisation des biens plutôt que leur possession. C’est un modèle particulièrement adapté pour financer la transition énergétique des TPE-PME. Plutôt que d’acheter des équipements coûteux, elles peuvent les louer, répartissant ainsi les coûts dans le temps et évitant un investissement initial élevé. Pour les entreprises « utilisatrices », cette approche réduit les barrières financières à l’adoption de nouvelles technologies et favorise une utilisation plus responsable des ressources. Pour les constructeurs « loueurs », ces solutions, assimilables à des contrats de services, renforcent le lien avec le client final tout en le fidélisant, et améliorent la création de valeur par l’ajout de prestations complémentaires (maintenance, suivi de l’asset, mesure de la performance, gestion de la donnée...).

Cette approche est particulièrement pertinente dans un contexte où les besoins en technologie évoluent rapidement et où la performance énergétique devient un critère décisif. En louant plutôt qu’en achetant des équipements, les entreprises s’adaptent plus facilement aux avancées technologiques, tout en bénéficiant d’une maintenance continue et d’une optimisation de la performance. L’économie d’usage contribue ainsi à réduire leur empreinte écologique et à améliorer leur compétitivité et leur capacité d’innovation. Le développement de l’économie d’usage est ainsi particulièrement mis en avant dans le secteur du transport de marchandises où la location apparaît comme un moyen de choix pour favoriser la commercialisation de nouveaux véhicules industriels, à motorisation électrique ou hydrogène.

Le contrat de services plus moderne
que le crédit-bail

Le contrat de services répond à ce nouveau modèle économique et aux besoins actuels des entreprises. Il représente une évolution significative par rapport au contrat de crédit-bail traditionnel dans lequel l’entreprise paie pour utiliser un équipement sur une durée fixe avec des mensualités régulières et la possibilité de l’acquérir en fin de contrat. Ce modèle, bien que pertinent pour certains investissements, manque de flexibilité dans le contexte de la transition énergétique, où l’adaptabilité est un critère essentiel.

Avec un contrat de services, plus souple, l’utilisateur ne choisit pas nécessairement un équipement spécifique, mais plutôt l’usage qu’il souhaite en faire. Le fournisseur est alors responsable de la disponibilité, de la performance et de la maintenance des équipements, permettant à l’entreprise de se concentrer sur son cœur de métier tout en bénéficiant d’une solution intégrée, incluant également l’audit énergétique et l’installation.

Un montage gagnant-gagnant

Ce modèle recourt à des notions juridiques clés comme l’obligation de mise à disposition, la garantie de performance énergétique, voire l’obligation de résultat. Puisque le fournisseur conserve la propriété de l’équipement, il est dans son intérêt d’en prolonger la durée de vie, en ligne avec l’économie circulaire. Ce type de contrat favorise également l’utilisation de matériaux réutilisables ou recyclables, contribuant ainsi à une gestion plus durable des ressources.

De plus, le contrat de services offre une solution compatible avec les normes comptables, notamment l’IFRS16, en permettant la déconsolidation des actifs. L’actif n’a pas besoin d’être porté au bilan de l’entreprise, ce qui peut avoir des avantages significatifs en termes de gestion financière. En optant pour ce modèle, les entreprises préservent non seulement leurs ressources financières, mais aussi leurs ressources matérielles et humaines, en délégant la gestion de l’actif financé au prestataire.

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº897