Soyons tous acteurs d’impact !

Créé le

18.07.2022

C’est sous l’impulsion de la secrétaire d’État chargée de l’Économie sociale, solidaire et responsable, Olivia Grégoire, qui s’est récemment exprimée dans les colonnes de Revue Banque1, que Finance for Tomorrow a initié le Groupe de Place Impact, en mars 2021. Ce groupe, que j’anime, est copiloté par Philippe Taffin (France Assureurs) et Xavier Ploquin (Meridiam) et rassemble tous les acteurs financiers intéressés par la notion d’impact.

Cette dynamique de la Place de Paris est « ouverte » et s’est installée autour d’une définition coconstruite. La finance à impact fait appel à trois principes piliers (l’intentionnalité, l’additionnalité et la mesure de l’impact) pour démontrer :

– la recherche conjointe, dans la durée, d’une performance écologique et sociale et d’une rentabilité financière, tout en maîtrisant l’occurrence d’externalités négatives ;

– l’adoption d’une méthodologie claire et transparente décrivant les mécanismes de causalité par lesquels la stratégie contribue à des objectifs environnementaux et sociaux définis en amont, la période pertinente d’investissement ou de financement, ainsi que les méthodes de mesure, selon le cadre dit « de la théorie du changement » ;

– l’atteinte de ces objectifs environnementaux et sociaux s’inscrivant dans des cadres de référence, notamment les Objectifs de Développement Durable, déclinés aux niveaux international, national et local.

Cette définition est un outil opérationnel et pédagogique. Il ne s’agit plus de ne s’intéresser qu’aux seuls « meilleurs élèves » historiques de l’impact mais aussi, et surtout, d’embarquer tous les acteurs de l’écosystème, quelle que soit leur exemplarité, avec toutes les parties prenantes dans cette transformation durable nécessaire de l’économie réelle et de son système financier.

Vers un scope 3 sociétal

L’enjeu est de répondre dès maintenant avec efficacité aux urgences environnementales, sociales et sociétales. Et il serait utile de transposer l’approche du scope 3 environnemental sur les gaz à effet de serre, au social et au sociétal au sens large, de manière à prendre en compte les parties prenantes assurant le succès de la transformation, dans une vision systémique et holistique. Car il y a plusieurs niveaux d’impact : le sous-jacent (l’entreprise, le porteur de projet investis ou financés), certes, mais aussi le niveau de l’investisseur/financeur.

À ce titre, la grille d’évaluation du potentiel de contribution d’un fonds à la transformation durable est actuellement coconstruite par les participants du Groupe de Place Impact, et constitue un outil discriminant et pédagogique de mesure de l’additionnalité de l’investisseur, ce qui fournit opportunément des informations aux épargnants et investisseurs institutionnels. Les nuances d’additionnalité de l’investisseur sont en effet très réelles : les marchés cotés sont essentiellement secondaires et la gestion passive/indicielle pose question : l’engagement, à ce stade, se révèle encore trop peu utilisé et efficace.

Mettre à jour notre « logiciel financier »

Le Groupe de Place Impact et ses participants ont d’ailleurs beaucoup travaillé sur l’investisseur et vont s’intéresser au sous-jacent Entreprise sur le second semestre 2022, afin d’optimiser la liaison entre ces deux niveaux d’impact. L’idée est bien de se fixer des objectifs de transformation durable en ciblant des impacts positifs tout en s’assurant d’un DNSH (Do No Significant Harm) sur les autres domaines non ciblés. La prise en compte de l’impact est liée à la notion même de « double matérialité », au-delà de la seule vision « risques » et matérialité financière, d’où le soutien ferme et nécessaire des travaux de l’EFRAG en Europe : cette vision européenne s’attache d’ailleurs également au DNSH. Soyons tous acteurs de la convergence actuelle autour de l’impact en Europe !

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº868
Notes :
« Impact : un enjeu de leadership pour la Place de Paris », Revue Banque n° 867, p. 25.