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Jusqu’ici, le changement climatique n’a pas véritablement ébranlé les notations bancaires. Mais, pour Scope Ratings, le sujet monte clairement en puissance. Certes, les pertes enregistrées par les banques européennes restent encore limitées. En février 2026, la Banque Centrale Européenne (BCE) a sanctionné Crédit Agricole pour un retard de 75 jours dans sa mise en conformité avec les exigences prudentielles relatives aux risques climatiques et environnementaux, à hauteur de 7,55 millions d’euros, soit seulement 5 points de base de son résultat 2025 avant provisions. Quelques mois plus tôt, la banque espagnole Abanca avait également été sanctionnée, à hauteur de 187 000 euros, soit 2 points de base de son résultat avant provisions.
Scope estime néanmoins que les risques liés au climat sont appelés à peser davantage sur le profil de crédit des établissements financiers. Plutôt que de développer une méthodologie dédiée, l’agence a choisi d’intégrer progressivement ces enjeux à son cadre d’analyse existant. Environnement opérationnel, modèle d’affaires, rentabilité, profil de risque, viabilité financière et critères ESG constituent autant de prismes à travers lesquels les risques physiques et de transition sont identifiés et évalués.
Plusieurs limites
Cette montée en puissance se heurte toutefois à plusieurs limites. Les données disponibles restent incomplètes, notamment concernant les émissions financées ou l’exposition géographique aux aléas climatiques. Les banques communiquent encore peu sur l’impact des catastrophes naturelles sur la qualité de leurs actifs, tandis que les modèles prospectifs de long terme demeurent très dépendants des hypothèses retenues et peinent à intégrer les mesures d’atténuation mises en œuvre par les établissements.
Pour l’agence, le renforcement des standards de publication et l’amélioration des cadres méthodologiques devraient, à terme, permettre une évaluation plus robuste et plus homogène du risque climatique dans l’analyse de crédit.