finance durable

Préserver la biodiversité,
un enjeu systémique
pour les investisseurs

Créé le

24.05.2024

-

Mis à jour le

04.06.2024

Le réchauffement climatique occasionne une destruction progressive du capital naturel. Ses conséquences sur la biodiversité représentent aussi un risque systémique pour le système financier. De nombreux acteurs en ont pris conscience et sont à l’origine d’un élan de mobilisation pour agir en faveur de sa préservation.

« La nature décline globalement à un rythme sans précédent dans l’histoire humaine – et le taux d’extinction des espèces s’accélère, provoquant dès à présent des effets graves sur les populations humaines du monde entier » : ainsi démarre le résumé de la Conférence des Nations unies sur la biodiversité (COP15), présidée par la Chine au Canada en 2022.

Si l’on continue à alerter sur l’impact du réchauffement climatique sur nos conditions de vie à venir, aujourd’hui, la sauvegarde de la biodiversité représente, elle aussi, un enjeu à part entière. Elle regroupe l’ensemble du tissu vivant de notre planète : l’homme, les espèces animales et végétales ainsi que les plantes, champignons et bactéries qui évoluent de manière interdépendante. Plusieurs causes, à l’origine de la disparition progressive de la biodiversité, ont été identifiées. La principale est certainement due à la consommation massive d’hydrocarbure ces dernières décennies. L’utilisation des énergies fossiles progresse moins vite, mais elle représente toujours, en 2021, 80 % de l’énergie consommée1. Elle est majoritairement utilisée pour les transports (16,52 %) et la production d’électricité et de chauffage (31 %)2. Son utilisation représente près d’un tiers des émissions de gaz à effet de serre.

Risques, réglementation
et opportunités

Avec sa destruction, trois nouveaux risques menaçant la pérennité de nos conditions de vie actuelles apparaissent. En effet, la disparition de nombreuses espèces animales et végétales, menacées d’extinction perturbe et modifie de façon durable la vie de nombreuses communautés, provoquant par exemple des déplacements de population. Intervenant également comme un véritable régulateur de la qualité de l’air et de l’eau, son déclin a aussi une incidence sur notre alimentation, avec par exemple des ressources en eau de plus en plus polluées, entraînant des risques pour la santé humaine. De même, sa dégradation est à l’origine de perturbations naturelles avec l’augmentation, considérable ces dernières années, d’épidémies et des catastrophes naturelles, liées par exemple à une modification de l’environnement des espèces animales.

Ces facteurs représentent un risque systémique considérable pour le secteur financier tout en présentant de nombreuses opportunités. Car, dans ces conditions, les solutions existent pour contribuer à la préservation de la biodiversité.

Dans ce contexte, l’Europe a, ces dernières années, lancé plusieurs réglementations et dispose de plan d’action précis, que ce soit à travers la taxonomie verte, qui vise à diriger les investissements vers les activités dites durables, la CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive), qui oblige les entreprises à rendre des comptes sur leurs activités ainsi que sur la façon dont elles impactent leur environnement (notamment, avec la notion de double matérialité), ou encore la réglementation SFDR (Sustainable Finance Disclosure Regulation), qui encadre les activités financières européennes et leur rapport à la durabilité.

De même, l’environnement législatif local poursuit son évolution. La France a voté le 4 avril un projet de loi visant à l’interdiction des substances perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées, dites PFAS, à partir de 2026 dans les vêtements, les cosmétiques ou encore les farts pour le ski. Une initiative également suivie aux États-Unis.

Ces contraintes législatives et gouvernementales plaident donc en faveur d’un fléchissement des investissements vers cet écosystème durable pour offrir un cadre favorable à la préservation de la biodiversité, avec en ligne de mire l’objectif fixé par les Nations unies d’atteindre la neutralité carbone en 2050, lequel est inatteignable dans les conditions actuelles sans investissement supplémentaire.

Le secteur recherche
des financements

Selon le Forum économique mondial, près de 10 000 milliards de dollars d’investissement dans des entreprises ou des projets sont nécessaires. Ces investissements devraient générer près de 395 millions d’emplois à horizon 2030. Il s’agit d’un véritable vivier d’opportunités au sein duquel de nouvelles solutions et technologies devraient émerger dans les prochaines années.

Convaincus du potentiel de croissance de nombreuses entreprises qui œuvrent au quotidien pour protéger notre capital naturel et avec la volonté de proposer aux investisseurs des solutions concrètes pour réagir à l’urgence climatique, Uzès Gestion vient d’ailleurs de lancer un nouveau fonds thématique.

Classé article 9 selon la réglementation SFDR et labellisé Greenfin, Uzès Biodiversité est un fonds Actions Monde qui investit dans toutes les capitalisations sans contraintes géographiques. Les valeurs sélectionnées visent à répondre et à soutenir les Objectifs de développement durable (ODD) des Nations unies.

L’univers d’investissement couvre les sept principales thématiques suivantes : la décarbonation et la transition énergétique, l’accès à l’eau potable et à la gestion durable de cette ressource, la gestion durable des forêts et des montages, la qualité du cadre de vie (rénovation, recyclage et collecte), le développement d’une agriculture raisonnée, l’accès à une consommation raisonnée et à des conditions de vie saine.

Fonds de partage, Uzès Biodiversité reverse une partie de ses frais de gestion au fonds de dotation « Play for nature », présidé par Julien Pierre, ex-rugbyman du XV de France. Créé en 2013, « Play for nature » s’investit dans la préservation des espèces menacées et de leurs écosystèmes en France avec la mise en place de trois programmes Biodiv’Monde, Biodiv’Educ et Biodiv’Sport.

S’il est encore temps d’agir, les décisions doivent être prises maintenant et des investissements doivent venir supporter ces développements.

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº893