L’heure n’est plus aujourd’hui à l’accompagnement de la transition climat, mais bien à un engagement formel et formalisé de tout notre écosystème assurantiel – et plus encore ! L’objectif est a minima de contenir les effets du dérèglement climatique, à défaut de pouvoir les contrer.
L’heure n’est plus à l’intention, mais à l’action.
L’heure n’est plus à la soi-disant incompatibilité entre rentabilité et finance durable, mais à ce qui fait rimer performance financière et dimension « ESG »...
Selon un sondage de l’IFOP, réalisé pour le Forum de l’investissement responsable à l’occasion de la semaine de l’investissement responsable de 2024, près d’un Français sur deux considère pouvoir agir sur l’environnement et la société à travers leur épargne. 47 % exactement, contre 44 % il y a deux ans, lorsque cette question est apparue dans ce sondage annuel. Ce que dit en creux ce chiffre, c’est qu’ils sont près de la moitié à compter sur nous pour les rendre « financièrement » acteurs de la lutte contre le dérèglement climatique. Ce pourcentage nous rappelle à nos obligations d’assureur.
La Maif se veut « nature »
À la Maif, notre politique d’investissement responsable et le dividende écologique sont aujourd’hui nos meilleurs atouts pour faire face tant à notre responsabilité fiduciaire vis-à-vis de nos sociétaires qu’à ce que nous considérons être notre responsabilité sociétale de participer au mieux commun.
En matière d’investissement responsable, nous ne sommes pas novices : nous avons lancé la démarche dès 2009. Depuis, elle s’est renforcée avec notamment une stratégie climat des investissements en 2020 et une stratégie biodiversité des investissements en 2023 ; le tout constituant la stratégie pour la nature Maif. Son socle : les exclusions (du charbon, du pétrole, des OGM, de l’huile de palme...), la sélection des investissements et les indicateurs de pilotage (empreinte carbone en tonnes équivalent carbone ou tCO2eq, empreinte biodiversité en abondance moyenne des espèces ou MSA.km2, emplois créés...), le dialogue avec notre écosystème...
La réglementation contraint à aligner
les intentions et les actes
Les nombreuses réglementaions comme la taxinomie ou la SFDR nous imposent désormais a minima de poser un diganotisc. Et la CSRD augmente les contraintes en imposant un plan de transition. Je n’évoquerai pas ici le débat sur les dernières directives et les problèmes de mise en œuvre rencontrés par les entreprises.
Ce que l’on peut en revanche noter, c’est que ce nouveau cadre oblige, contraint même, à aligner déclarations d’intention et actions ; en cela, n’en déplaise à certains, c’est une bonne nouvelle, urgence climatique oblige !
Que faisons-nous concrètement ? Nous excluons, sélectionnons et accompagnons pour être alignés sur les objectifs de l’Accord de Paris avec une température de nos portefeuilles au plus près des +1,5 °C d’ici 2030 (voir graphique) et, si on considère plus spécifiquement la biodiversité, sur ceux de Kunming-Montréal.
Une posture militante
Au-delà de tout ce que nous faisons à travers le choix de nos investissements – je vous invite à lire nos rapports ESG Climat Maif et Maif Vie, publics, bien plus précis et exhaustifs que je ne saurais l’être –, c’est l’engagement de tout un écosystème qui est primordial.
J’ai envie de mettre l’accent sur « Maif investisseur responsable militant » ! S’inscrire dans des accords, participer à des initiatives internationales telles que le Finance for Biodiversity Pledge, engager notre écosystème, notamment nos sociétés de gestion partenaires à intégrer les enjeux climat dans leurs investissements. Au sein de l’entreprise et avec tous les collaborateurs, nous impulsons la même dynamique, en cherchant à être proactifs, en innovant et en imaginant de nouvelles solutions.
Être imaginatif, être cohérent dans ce que l’on dit et dans ce que l’on fait est une sorte de mantra à la Maif. Le dividende écologique est une parfaite illustration du pas de côté qui nous fait aller toujours un cran plus loin.
La planète pour seul actionnaire
Parce que oui, parler de dividende pour une mutuelle qui, par essence, n’a pas d’actionnaire, c’est notre façon d’être disruptif. La stratégie globale climat de la Maif fait de la planète notre seule et unique actionnaire et fait du dividende écologique le moyen de le servir. Aussi depuis 2023, Maif reverse 10 % de son résultat annuel à des projets de solidarité climatique et de régénération de la biodiversité.
Quand on parle dividende écologique, on ne parle pas d’investissement comme précédemment, mais de financement de projets pour la préservation de la biodiversité et d’actions visant à protéger nos sociétaires les plus vulnérables face au risque climatique. Le dividende écologique, c’est la réponse pragmatique, opérationnelle de notre qualité d’entreprise à mission appliquée au climat. C’est aussi notre marque de fabrique, qui est d’être présent et d’agir sur les territoires de nos sociétaires.
Dès sa création, le dividende écologique a permis de financer plusieurs projets. Dans le Maine et Loire, la restauration du cours d’eau du Lathan, sous-affluent de la Loire, permet de favoriser la recharge des nappes phréatiques, dans un contexte de réchauffement climatique et de sécheresse. Parmi les réalisations, relevons la réhabilitation des marais du Vigueirat dans les Bouches du Rhône, sans oublier la lutte contre les îlots de chaleur avec la renaturation du centre-bourg de Rion-Les-Landes. Cette année, un nouvel appel a été lancé pour sélectionner de nouveaux projets à accompagner : la dynamique est lancée, la mécanique se rode pour nous permettre de toujours mieux appréhender la « matière » biodiversité et ses impacts.
La nécessité d’un écosystème
Ce travail de fond, tant sur les investissements que sur la préservation de la biodiversité, nous ne le faisons pas seuls mais accompagnés de nos partenaires experts, sociétés de gestion et CDC Biodiversité, dans une logique d’amélioration continue. Cet engagement en faveur de la nature est à portée de toute entreprise, quels que soient sa taille ou son secteur d’activité dès lors qu’elle fait le choix d’y allouer un pourcentage de son résultat. Les champs à couvrir sont suffisamment larges pour que chacun trouve sa façon de faire, car « chaque acte compte ». n