Marchés obligataires

Les émissions s’adaptent aux besoins de transition

Créé le

14.09.2023

-

Mis à jour le

17.10.2023

Les besoins de financement de la transition énergétique n’ont jamais été aussi importants. Les sources de croissance du marché des obligations vertes sont vastes d’un point de vue géographique et sectoriel. Les niveaux de rendement similaires aux obligations conventionnelles. Les émetteurs ont tout pour séduire.

Avec des taux d’intérêt au plus haut depuis plus de dix ans, le marché obligataire offre aujourd’hui une alternative d’investissement attractive aux investisseurs soucieux de trouver de nouvelles opportunités dans un contexte de ralentissement macroéconomique et de valorisations actions qui enchaînent les records. Grâce à des émetteurs aux fondamentaux solides, à l’image de la notation moyenne de l’univers (AA-), les obligations vertes sont parfaitement positionnées pour répondre à ce besoin tout en offrant la possibilité de soutenir un bénéfice environnemental réel et mesurable.

Pendant l’été 2023, les banques centrales ont poursuivi leur cycle de resserrement monétaire. Toutefois, il est de plus en plus clair que ce cycle touche à sa fin et que si le déclin des pressions inflationnistes et le ralentissement de l’activité continuent de se matérialiser, ces hausses pourraient bien avoir été les dernières. Ainsi, le contexte adverse que le marché obligataire a connu depuis début 2022 pourrait bien prendre fin et offrir aux investisseurs d’excellents points d’entrée sur la classe d’actifs.

Les obligations vertes offrent aux investisseurs un niveau accru de transparence. Ces derniers peuvent non seulement identifier clairement les projets qu’ils financent, mais ils peuvent également mesurer le bénéfice environnemental de leur investissement. De plus, ces obligations offrent des niveaux de rendement similaires aux conventionnelles. C’est ce qui explique un tel engouement pour ce segment, alors même que les besoins de financement pour la transition vers une économie bas carbone n’ont jamais été aussi importants. À fin juillet 2023, le marché des obligations vertes pèse près de 1 400 milliards de dollars (1 298 milliards d’euros), avec plus de 700 émetteurs distincts répartis entre entreprises, banques et États. Sur l’année 2023 uniquement, plus de 285 milliards de dollars d’obligations vertes ont été émises, avec plus de 60 nouveaux émetteurs à ce stade. Ces derniers, qui adoptent le format des obligations vertes pour financer leurs efforts de transition, ont été essentiels dans la dynamique observée. L’univers a ainsi bénéficié d’une diversification accrue au sein des dettes privées – avec des secteurs dominants comme l’immobilier, les télécommunications ou encore l’automobile – mais également au sein des dettes souveraines, avec une multitude de nouveaux pays émetteurs.

Reflet des investissements majeurs opérés et nécessaires pour décarboner l’économie, le marché des obligations vertes offre ainsi un univers diversifié au profil de risque équilibré. Il représente donc une alternative attractive et crédible aux obligations conventionnelles.

Les initiatives gouvernementales visant à encourager la transition avec des mesures incitatives pour les entreprises se multiplient. Au Japon, la politique de transformation verte (Green Transformation – GX) vise ainsi à soutenir la croissance, assurer la stabilité de l’approvisionnement énergétique tout en favorisant la décarbonation. Avec plus de 150 milliards de yens alloués sur les dix prochaines années, le Japon entend encourager ainsi la compétitivité de ses entreprise et la réduction des émissions de carbone. L’Union européenne (UE) ou les États-Unis ont précédemment annoncé des mesures similaires, à l’image, respectivement, du programme NextGenerationEU et de l’Inflation Reduction Act. Ces initiatives poussent à l’optimisme quant à l’avenir du marché des obligations vertes et des opportunités qu’il devrait offrir.

L’Europe domine le jeu

Ce marché reste aujourd’hui dominé par les émissions en euros, qui représentent près des deux tiers de l’univers. Cela reflète la place de leader que tient l’Europe dans les ambitions de lutte contre le changement climatique mais aussi dans le développement des obligations vertes. L’UE s’est ainsi engagée à définir des standards pour les entreprises et les investisseurs. Avec la taxonomie verte, visant à définir les activités durables d’un point de vue environnemental, ou encore la mise en place des EU Green Bond Standards, la région cherche à assurer une croissance crédible des investissements dans la transition vers une économie bas carbone, faisant des obligations vertes un instrument incontournable.

D’autres pays ont bien compris l’importance de cet instrument dans ce contexte. La Thaïlande a ainsi également publié des principes d’émissions des obligations vertes afin de créer un écosystème sain pour les émetteurs et pour les investisseurs.

Actuellement, les obligations vertes émises par des pays émergents et asiatiques restent relativement limitées. Toutefois, nous pensons qu’il est encourageant de constater l’émergence de telles initiatives, qui devraient permettre de contribuer à augmenter le financement de projets verts dans ces régions.

Les sources de croissance du marché des obligations vertes sont vastes d’un point de vue géographique et sectoriel. Elles devraient continuer à offrir aux investisseurs de multiples opportunités. Dans un contexte de taux historiquement hauts, alors même que les pressions inflationnistes décelèrent et que les perspectives de croissance sont revues à la baisse, les obligations vertes offrent un excellent moyen de s’exposer à la classe d’actifs obligataires tout en bénéficiant d’un niveau de transparence accru et avec la satisfaction de soutenir un réel bénéfice environnemental.

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº884
Une dynamique inégalée en 2023
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