Pour comprendre les progrès réalisés par les banques et autres institutions financières dans la gestion des risques climatiques et environnementaux, il ne suffit pas d’examiner les résultats d’analyses de scénarios, les évaluations et les cartes thermiques qui mettent en lumière les risques les plus urgents. Nos superviseurs attendent également de nous que nous intégrions le risque climatique dans notre gouvernance, dans notre gestion des risques et, peut-être de façon plus cruciale, dans notre stratégie commerciale.
Les institutions financières ont un rôle important à jouer dans l’atténuation du risque financier. Dans le cas du réchauffement climatique, la conséquence attendue de ce rôle consiste à encourager les avancées au niveau mondial pour atteindre les ambitions collectives de neutralité carbone.
Nous avons déjà bien progressé en termes de gouvernance et de gestion des risques. Les aspects environnementaux et sociaux constituent l’une des principales priorités des équipes de direction des banques, et nous possédons la structure de gouvernance nécessaire pour les soutenir. Même si nous devons tous poursuivre nos efforts en la matière, nous commençons également à mieux comprendre quelles sont les parts de portefeuilles les plus exposées aux risques climatiques.
Créer ou adapter une stratégie commerciale en tenant compte du risque climatique donnera lieu à différentes interprétations. Nous pensons qu’une stratégie commerciale pour le risque climatique peut se définir comme la création d’un « plan d’atténuation du risque lié au changement climatique », en d’autres termes, d’un plan de transition, au Japon comme dans d’autres régions où MUFG est actif.
Objectif 2050
Les engagements vers la neutralité carbone de nos gouvernements et de nos clients sont à la base de notre plan de transition puisqu’ils déterminent les résultats que nous voulons obtenir d’ici 2050. Les objectifs sectoriels intermédiaires de réduction des émissions fixés dans le cadre des engagements de l’alliance bancaire Net Zéro guident nos allocations de capitaux pour financer de la transition et atteindre zéro émission nette.
Dans ce contexte, le parcours de transition du Japon et de l’Asie diffère de celui de l’Europe, étant donné la forte dépendance énergétique japonaise et asiatique envers les secteurs intensifs en émissions. Comme souligné dans notre Livre blanc consacré à la transition, ces secteurs ont besoin d’un financement continu pour soutenir leur décarbonation. Nous considérons qu’il est de notre responsabilité d’aider nos clients au sein des secteurs intensifs en émissions dans leur processus de décarbonation grâce à la finance de transition, qui permettra également la réduction du risque climatique.
Il y a peu, le ministère japonais de l’Économie, du Commerce et de l’Industrie (METI), l’Agence des services financiers (FSA) et le ministère de l’Environnement (MOE), ainsi que dix institutions financières privées internationales, dont MUFG, ont lancé le Japan Public and Private Working Group (WG). Ce groupe de travail public-privé japonais sur les émissions financées vise à augmenter le financement de la transition en développant des métriques complémentaires, en plus des émissions financées. Nous voyons ce partenariat comme un modèle de choix, que nous estimons grandement avantageux et applicable à d’autres régions.
En passant de la gestion à l’atténuation des risques, d’importantes décisions stratégiques doivent être prises pour garantir que nous puissions continuer à gérer le risque tout en finançant la transition vers la neutralité carbone. Le guide du groupe de travail britannique sur la transition (Transition Plan Taskforce) constitue un outil important pour aider des institutions telles que la nôtre à rédiger un plan de transition crédible. Toutefois, pour éviter toute complexité ou duplication inutile, nous devons nous assurer que nous continuons à favoriser la cohérence internationale des normes. La priorité générale doit rester la création d’un cadre de gestion des risques environnementaux et climatiques véritablement intégré (constitué de pratiques de gouvernance et de gestion des risques et d’indicateurs), mais aussi et surtout, sa prise en compte dans la stratégie globale d’entreprise.