Inclusion financière : la France marque le pas

Créé le

22.10.2023

-

Mis à jour le

24.10.2023

La France rétrograde de deux places dans le classement mondial annuel des pays favorisant l’inclusion financière, à l’image d’autres marchés avancés d’Europe.

Le tableau dressé par cette deuxième édition de l’Indice de l’inclusion financière n’est pourtant pas complètement noir. Si la France accuse une rétrogradation, c’est dans le contexte global d’une meilleure inclusion, en particulier en Amérique latine, en Asie du Sud-Est et en Europe du Sud.

Dans une Europe de l’Ouest et du Nord restée stable ou en baisse, la France peut néanmoins s’enorgueillir d’avoir progressé de six places quant aux activités gouvernementales favorisant l’inclusion financière. La disponibilité de la formation financière fournie par le gouvernement constitue l’un des éléments expliquant cette progression. Dans le dernier « Baromètre de l’inclusion financière », paru en octobre 2023, la Banque de France peut d’ailleurs s’enorgueillir d’une hausse significative de personnes informées ou accompagnées sur un sujet d’inclusion financière.

Pour rappel, l’indice de l’inclusion financière globale se base sur trois piliers de mesures agglomérant divers indicateurs : le soutien apporté par les employeurs, par le gouvernement et par le système financier. C’est dans ces deux derniers domaines que le bât blesse. La France a perdu trois places dans le classement du soutien par le système financier et six dans celui concernant le soutien des employeurs.

L’indicateur du soutien par le système financier fait écho au rapport annuel de l’Observatoire des tarifs bancaires. Ce dernier souligne la « modération tarifaire malgré un contexte inflationniste » dont ont fait preuve les établissements, tout comme la « forte baisse des tarifs » de l’Offre clientèle fragile (OCF). Mais il a également choisi de « mettre en lumière » les « facturations liées aux découverts » (intérêts débiteurs en cas de découvert, minima forfaitaires, frais de gestion, ndlr) : « autant de facturations qui tendent à se développer », précise le rapport.

Le recul français de trois places concernant le soutien apporté par le système financier est cependant avant tout consécutif à une baisse significative dans le volume des transactions en temps réel ainsi qu’à des difficultés à favoriser un climat général de confiance dans les affaires.

Les grandes économies européennes à la peine

En 2022, la France figurait déjà parmi les 10 derniers pour ce qui relève des employeurs, un résultat médiocre dont les facteurs avaient déjà été identifiés. Six économies européennes, dont les économies française, allemande et espagnole, connaissent ce déclin année après année, précise l’étude de Principal Financial Group et du CEBR.

Les grandes économies européennes « risquent de ne pas parvenir à une inclusion financière pérenne pour leurs populations », estime Seema Shah, stratège en chef pour le monde chez Principal Asset Management SM, qualifiant d’ « insuffisant » l’investissement dans les infrastructures de services financiers.

L’absence de progression de ces marchés provient en partie d’un contexte macroéconomique difficile. Tensions sur les chaînes de valeur, inflation et hausses de taux d’intérêt consécutives ont sans nul doute affecté les données agglomérées en 2023 par Principal Financial Group et le CEBR. Elles obèrent par exemple la confiance des employeurs et leur font craindre une récession. Ils se montrent alors plus précautionneux et le soutien à l’inclusion financière de leurs employés en pâtit.

À l’inverse, souligne l’étude, « des économies plus récentes, plus modernes, comme celles de régions d’Asie du Sud-Est, investissent en ce moment dans des initiatives – principalement dans le champ de la finance digitale – qui pourraient générer une différence significative en termes d’inclusion financière, de croissance et de résilience économique ».

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº885
L’action gouvernementale française limite le recul
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