Jean-Laurent Bonnafé, le directeur général de BNP Paribas, n’est pas l’homme le plus présent dans les médias. Ses sorties sont rares, ce qui ne l’empêche pas d’avoir un art évident de la punchline. Les actionnaires du groupe bancaire se souviennent encore de son intervention lors de la dernière assemblée générale de la banque, où, en la présence des organisations non gouvernementales, le sujet de la transition environnementale fut largement évoqué. « Notre métier n’est pas de faire des déclarations. On n’est pas l’ONU, on n’est pas l’Agence internationale de l’énergie et on n’est pas le GIEC », déclara-t-il, tout en jugeant que BNP Paribas était « la meilleure banque dans le monde en matière de finance durable ».
Lors du colloque de l’Association française des trésoriers d’entreprises, nouvelle sortie : « Il y a toujours eu des périodes où on n’était pas à la pointe de la technologie. Il suffit d’apprendre, il faut accepter d’apprendre, et l’Europe dans ce domaine devrait arrêter de donner trop de conseils, et probablement ce n’est pas en accablant les entreprises de demandes en tout genre, et je crois que la CSRD fait partie de ces délires bureaucratiques, qui ne servent à rien, qui prennent beaucoup de temps. » Pas de doute, cette directive, qui va entrer en application en 2025 pour les grandes entreprises, se trouve dans le viseur. Car avant Jean-Laurent Bonnafé, il y a eu Mario Draghi, Michel Barnier...