Paiements sur le Web 3.0 et métavers : entre confiance et défiance

Créé le

22.05.2023

-

Mis à jour le

24.05.2023

Web 3.0 et métavers sont aujourd’hui l’objet d’une littérature abondante et d’annonces plus futuristes les unes que les autres, mais suscitent aussi de nombreuses critiques. Quelle démarche adopter pour en tirer éventuellement profit dans un futur proche ?

Les annonces et initiatives actuelles des big techs et de certains acteurs commerciaux et bancaires au plan mondial démontrent que les nouvelles technologies comme le Web 3.0 et le métavers recèlent des opportunités de business, alors que leur adoption par le grand public n’est pas encore acquise. Malgré leurs atouts, leur mise en œuvre rencontre en effet de multiples difficultés, et les échecs ou abandons s’enchaînent depuis six mois, qui démontrent la complexité de cette mise en œuvre dans des solutions orientées vers le grand public.

Le Web 3.0 est une évolution du World Wide Web ayant comme promesse de redonner le pouvoir aux internautes pour maîtriser la propriété de leurs données personnelles. En se fondant sur la technologie des blockchains, il favorise les usages peer-to-peer, la décentralisation, la transparence, la sécurité et la propriété des données et révolutionne la façon dont les paiements en ligne sont effectués.

Plus rapides, moins chers, plus sécurisés

Grâce au Web 3.0, et à la technologie des blockchains, les paiements en ligne peuvent être plus rapides, moins chers et plus sécurisés. Les frais de transaction peuvent être considérablement réduits et les paiements effectués en temps réel, sans dépendre des horaires d’ouverture des banques. De plus, les transactions sur la blockchain sont sécurisées, ce qui les rend pratiquement impossibles à falsifier ou à pirater.

Un autre aspect clé du Web 3.0 dans le domaine des paiements est la propriété des données. Avec le Web 3.0, les utilisateurs reprennent un contrôle accru sur leurs données personnelles, et peuvent choisir les données qu’ils souhaitent partager, ce qui renforce la confidentialité et la sécurité des informations financières.

Le Web 3.0 offre également l’accès à de nouvelles formes de monnaies numériques, telles que les cryptomonnaies, qui peuvent être utilisées pour les paiements en ligne. Avec le Web 3.0, les cryptomonnaies peuvent être intégrées dans les plateformes de paiement en ligne, permettant ainsi des paiements plus rapides, bon marché et sécurisés dans le monde entier sans avoir besoin de convertir les devises « fiat ».

Enfin, il donne le moyen d’assurer une interopérabilité entre les divers métavers privés que les grandes big techs cherchent à mettre en œuvre.

Un fort potentiel

Le Web 3.0 fournit un potentiel considérable de transformation des paiements en ligne. Aujourd’hui, de nombreuses critiques d’importance sont pourtant formulées à son encontre :

– son adoption actuelle encore très limitée pour le grand public, limitant en parallèle son acceptation plus large dans le monde du commerce ;

– sa complexité technique, accroissant l’exclusion numérique, et donc financière ;

– la volatilité des cryptomonnaies, qui rend difficile la stabilisation des prix et la gestion des risques ;

– l’irréversibilité des transactions imposant une sécurité absolue et une régulation renforcée ;

– son caractère « énergivore », parfois mis en avant.

Ainsi, bien que le Web 3.0 offre un grand potentiel de développement pour les paiements en ligne, notamment dans les métavers, il présente des inconvénients. Son adoption par le grand public dépend de sa régulation, ce que le règlement MiCA a entrepris en Europe, mais aussi de l’éducation du grand public et de la réduction de la fracture numérique.

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº881