Il est établi que les entreprises françaises de taille moyenne sont aujourd’hui confrontées à une incertitude économique accrue. Ces deux dernières années, elles ont relevé d’incroyables défis et continuent de faire preuve d’une confiance et d’une résilience remarquables, même si plus de la moitié d’entre elles (53 %) s’attendent à une récession mondiale en 2023, selon notre enquête annuelle sur les perspectives des dirigeants d’entreprise de taille intermédiaire. Pour la deuxième année consécutive en France, J.P. Morgan a interrogé plus de 250 dirigeants de sociétés, afin de mieux comprendre comment ils sont impactés par les défis opérationnels et financiers et de quelle façon ils prévoient de naviguer, au cours de l’année à venir, dans ce paysage économique en constante évolution.
Bien que les dirigeants d’entreprise en France soient confrontés à de multiples menaces économiques potentielles, les résultats de l’enquête ont révélé qu’ils restent relativement optimistes, avec des attentes de croissance globale de leurs activités. Comme en 2022, on constate que plus de la moitié d’entre eux ont exprimé leur optimisme quant aux perspectives économiques mondiales (58 %), nationales (56 %), locales et régionales (55 %) pour 2023.
Ventes et revenus en hausse
Signe évident de la confiance dont ils font preuve pour surmonter les incertitudes économiques actuelles, plus des deux tiers d’entre eux (68 %) prévoient une augmentation des revenus et des ventes ainsi qu’une hausse des bénéfices (61 %).
Afin d’atteindre leurs objectifs opérationnels et financiers dans les douze mois à venir tout en se préparant à une éventuelle récession économique, les chefs d’entreprises françaises interrogés nous ont cité quatre sujets majeurs parmi les plus critiques pour leur activité.
En tête de liste de ces menaces externes figure le prix de l’énergie, 33 % le citant comme la principale, le chiffre le plus élevé parmi leurs homologues européens (nous avons réalisé cette même étude en Allemagne et au Royaume-Uni). Pour lutter contre cette hausse des prix, 69 % des dirigeants français ayant mentionné le coût de l’énergie comme principale menace ont indiqué envisager d’investir dans des sources renouvelables au cours de l’année à venir.
C’est d’autant plus important que la responsabilité sociale des entreprises reste un axe à privilégier pour la communauté des entreprises locales, les dirigeants accordant une importance accrue aux facteurs environnementaux tels que la réduction des émissions de carbone, la gestion des déchets et l’efficacité énergétique (54 %, soit 21 % de plus qu’en 2022). Ils nous ont confié avoir constaté des retours prometteurs sur cet investissement initial : plus de quatre dirigeants sur dix affirment que l’accent mis sur les facteurs énergétiques et environnementaux a permis à leur entreprise d’établir ou de renforcer leur position, voire que cela les a aidés à acquérir de nouveaux clients.
Limiter l’escalade des prix
À la deuxième place des préoccupations des dirigeants, l’inflation demeure un défi majeur dans le monde entier : 56 % indiquent avoir subi une hausse des coûts au cours des douze derniers mois. Parmi les entreprises qui y sont confrontées, environ deux tiers déclarent que l’augmentation du tarif des matières premières (67 %) et de l’énergie (62 %) entraîne une hausse des coûts opérationnels. En conséquence, 70 % d’entre eux compensent jusqu’à la moitié en la répercutant sur les prix de vente. Si les consommateurs sont restés jusqu’à présent tolérants à cet égard, les chefs d’entreprise doivent en limiter autant que possible l’escalade.
Enfin, deux tiers d’entre eux estiment que les difficultés d’approvisionnement mondiales se sont aggravées en 2022. Par ailleurs, 46 % augmentent les salaires tout en proposant une certaine flexibilité d’horaires et de lieu de travail (43 %) : des initiatives essentielles pour fidéliser leurs effectifs et attirer de nouveaux talents.