Créés dès les années 1990, les QR codes étaient généralement utilisés pour transmettre plus d’informations que le support pouvait en contenir (étiquette produit, carte de visite...). Or, depuis la pandémie et avec l’omniprésence du mobile, son usage s’est élargi et son utilisation popularisée. Par exemple dans le secteur de la restauration, certains menus ont été dématérialisés, apportant des services complémentaires tels que le paiement. Il est ainsi entré dans notre quotidien.
Aujourd’hui, il devient un outil essentiel et central dans l’évolution des moyens de paiement. Que ce soit en magasin ou sur internet, le principe du paiement par QR Code dynamique est identique : l’acheteur choisit son mode de règlement. Un QR code s’affiche ; l’acheteur lance l’application de son moyen de paiement sur son mobile et flashe le QR code ; il valide le paiement ; en simultané de ces actions, dans la plupart des cas, un virement instantané est déclenché. Cet enchaînement offre un parcours de paiement simple, rapide et très sécurisé pour l’acheteur.
Ce n’est donc pas étonnant que, dans notre dernière enquête auprès d’enseignes et de pure players, les décideurs interrogés voient à long terme le paiement par QR code comme la tendance la plus impactante. C’est d’autant plus le cas qu’il répond à d’autres enjeux marchands tout aussi importants tels que la vitesse de règlement, l’omnicanalité et la sécurité. De nombreux pays l’ont bien compris et voient même dans le paiement par QR code un moyen d’asseoir la souveraineté de leur devise à l’international et de gagner une certaine indépendance face des réseaux cartes puissants.
Depuis quelque temps, de nombreux moyens de paiement dit « locaux » se lancent dans une conquête d’acceptation afin de garantir à leurs ressortissants une large couverture d’utilisation en dehors de leurs frontières. C’est le cas par exemple de la Chine avec Alipay, CUP et Wechat Pay, du Brésil avec PIX et de l’Inde avec UPI. Basés majoritairement sur des virements de banque à banque, leurs moyens de paiement évitent les royalties des réseaux cartes, ce qui réduit considérablement les coûts pour les marchands et permet de garder la maîtrise des données de paiement.
Les moyens de paiement sortent de leurs frontières et cela fait bouger tout l’écosystème. Et en Europe, ça bouge aussi !
En Belgique, le choix du QR code s’est imposé, car il répond à toutes les attentes du marché. Il représente à ce jour 80 % des achats en ligne et est en plein essor.
L’initiative européenne des paiements (EPI), projet interbancaire majeur dans lequel une vingtaine de banques européennes sont engagées, se lance aussi dans ce projet qui devrait en toute logique s’appuyer sur du virement en temps réel. Ce nouveau moyen de paiement, s’il s’appuie sur les technologies qui font leurs preuves dans les autres pays, devrait avoir un avenir radieux.
Quelques évolutions encore en attente
S’appuyer sur le QR code permet presque aujourd’hui de tout faire : payer en e-commerce, en magasin, en mobilité. L’offre omnicanale constitue un véritable avantage, renforcé par une sécurité maximale grâce à l’authentification forte de l’ « appli » bancaire.
Mais attention, comment passe-t-on d’un système de QR code qui consiste en un paiement en « one shot » à un système donnant la possibilité de payer en plusieurs fois, pour répondre aux nouveaux usages ? Aujourd’hui, la limite est là : le QR code n’a pas été pensé pour faire des paiements récurrents. C’est l’une de ses évolutions attendues et l’un des défis à relever, au niveau européen notamment !
À ceux qui seraient encore dubitatifs et n’en déplaise aux grands réseaux cartes, ce n’est plus impensable : le QR code basé sur du virement a toutes les chances de détrôner, à terme, l’usage de la carte.