L’industrie des paiements outre-Atlantique est en effervescence depuis le 24 février, suite aux rumeurs d’intérêt de Stripe en vue de l’acquisition totale ou partielle de PayPal. Une telle opération, si elle se concrétisait, reconfigurerait le paysage des paiements en ligne, tant leurs modèles sont complémentaires.
Valorisé à 159 milliards de dollars lors d’une offre publique d’achat (tender offer) offrant de la liquidité à ses employés, Stripe est une infrastructure B2B intégrée, via API, aux systèmes des entreprises. PayPal, dont la capitalisation boursière atteint 42 milliards de dollars, est positionné sur le B2C et s’adresse au consommateur final, grâce notamment à Venmo, son application de paiements P2P. Stripe aurait ainsi un accès immédiat à ce public, tandis que PayPal renforcerait ses services aux entreprises.
Ce bruissement de marché, qui a propulsé en séance le titre de PayPal de 7 %, s’inscrit dans un contexte de fragilisation du groupe : son cours a chuté de 85 % depuis son pic de 2021, pénalisé par des résultats jugés décevants, la concurrence d’Apple Pay et Google Pay, et l’incertitude macro-économique.
PayPal, qui a officialisé début 2026 la nomination d’un nouveau PDG, aurait travaillé fin 2025, selon la presse spécialisée, avec des conseillers bancaires pour préparer des scénarios défensifs face à d’éventuelles offres non sollicitées. Si cette transaction se réalisait, la domination américaine sur ce marché ne ferait que se renforcer, au grand dam des acteurs européens.