Le Banking-as-a-Service accélère
la disruption des usages

Créé le

23.08.2023

Innovations technologiques, obligations réglementaires et évolution des usages : de la directive européenne sur les services de paiement de 2015 aux confinements de 2020, tout a restructuré le secteur des paiements. Désormais, la finance embarquée est prête à se déployer.

En introduisant l’obligation pour les banques d’ouvrir leurs interfaces à des applications tierces, appartenant par exemple à des fournisseurs de services de paiement et à des start-up, la directive européenne sur les services de paiement de 2015 (DSP2) a fait entrer le secteur banquier dans l’ère de l’open banking. Cette ouverture a permis aux fintechs d’accéder à un écosystème traditionnellement fermé et de développer des offres innovantes.

Dans ce cadre et en raison d’un besoin accru de régulation, les normes et standards ont évolué, comme le démontrent la réglementation sur les services dans le cloud et leur utilisation par les établissements financiers (DORA) ou le règlement MiCA (Markets in Crypto-Assets).

Plus globalement, c’est à juste titre que la puissance publique attend beaucoup des acteurs financiers : ils sont aux premières loges, en termes de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme ou l’évasion fiscale. L’avènement de l’Autorité de contrôle en France (ACPR, 2010) est également une bonne illustration de la mise en place de ce cadre réglementaire.

L’essor des nouvelles technologies a constitué un facteur clé dans le développement du Banking-as-a-Service (BaaS), avec les apports notables des interfaces de programmation d’application (API), qui permettent la communication entre deux systèmes d’exploitation.

La combinaison de ces facteurs, juridiques et technologiques, fait écho à une digitalisation croissante des comportements et a permis l’apparition d’une nouvelle offre de services débouchant sur des usages disruptifs. Ce sont à la fois les habitudes des consommateurs, les processus des entreprises et la relation entre les fintechs et les banques qui ont été bouleversés.

Le BaaS a accéléré l’émergence de services de paiement capables de répondre aux nouvelles attentes des consommateurs. Recensés par la Banque de France1, ils peuvent répondre aux besoins suivants : disposer d’outils numériques simples d’accès, multicanaux, et bénéficier d’un parcours de paiement fluide. De fait, le développement du BaaS coïncide avec l’accélération de la transition numérique du commerce et des paiements, fondée sur une personnalisation du service et une autonomie accrue du client. La crise sanitaire a renforcé ces usages digitaux en les démocratisant davantage.

Transformation numérique

Face à ces enjeux bien installés, portant à la fois sur les services de paiement et la relation client, le BaaS s’est présenté comme un accélérateur dans la transformation des modes de paiement. D’une part, il a permis aux entreprises d’intégrer des services de paiement, clés en main, au sein de leur propre parcours client. D’autre part, cette offre a facilité la création de nouveaux acteurs du paiement tels que les « néobanques » ou banques mobiles. Le time-to-market est désormais plus court, provoquant une émulation d’entreprises innovantes qui s’installent dans notre quotidien sur différents usages : mobilité, avantages salariés, finance durable et solidaire, épargne...

Finalement, ces offres ont réussi à restructurer le secteur des paiements, bien sûr, mais surtout à renouveler les usages du quotidien : c’est l’avènement de la finance embarquée. Aujourd’hui, le paiement en liquide ou par carte bancaire a fait place à une multitude de possibilités pour répondre au plus près des besoins des consommateurs et des entreprises. Au sein de l’entreprise, le BaaS donne la capacité d’intégrer des offres qui répondent aux besoins des salariés, tels que la digitalisation de tickets restaurant ou la gestion par les comités d’établissement des avantages accordés aux collaborateurs. En outre, il est en mesure de répondre à des besoins nouveaux ou plus criants relatifs à l’inclusion financière.

Le secteur des paiements évolue vite et l’ensemble des acteurs se doit de répondre à d’importants défis. Aujourd’hui, la finance embarquée est le futur du BaaS en ce qu’elle permet d’améliorer l’expérience d’achat, de mieux connaître les clients et de proposer des systèmes de gestion plus fluides et accessibles en temps réel.

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº883
Notes :
[1] ACPR, « La transformation numérique dans le secteur bancaire français », Analyses et Synthèses 131, janv. 2022.