La facturation électronique, vecteur du virement « open banking »

Créé le

23.08.2023

-

Mis à jour le

25.08.2023

La valeur ajoutée du paiement par virement « open banking », instantané ou immédiat, reste encore méconnue et les prérequis techniques tendent à freiner son expansion. La dématérialisation des factures devrait changer la donne.

La facturation électronique, dont la date d’entrée en vigueur a été repoussée et devrait être annoncée prochainement, impulse la numérisation de la comptabilité des entreprises. Ces dernières devront émettre leurs factures via la plateforme étatique Chorus Pro ou par des plateformes de dématérialisation partenaires (PDP), permettant une consolidation de notre économie par la réduction des délais de paiement, la traque de la fraude et une meilleure collecte de la TVA.

Une mauvaise collecte de la TVA, l’impôt qui rapporte le plus à l’État, coûte au Trésor public 14 milliards de manque à gagner par an. Quoiqu’elle entre dans les usages par la coercition, la facturation électronique est une réforme au service des entreprises, fragilisées notamment par les retards de paiement. L’Observatoire des délais de paiement fait état d’un retard moyen de 12,5 jours de retard sur les délais réglementaires, avec pour conséquence extrême des défaillances d’entreprises. Étant donné la prépondérance du virement traditionnel pour le paiement des factures, prenant souvent trois jours ouvrés, la lenteur des moyens de paiement n’y est pas pour rien. La Commission européenne évalue à 200 milliards d’euros par jour les montants bloqués en « délais de flottement ».

Grâce à l’accélération des usages technologiques et des infrastructures prévues pour son déploiement, la facturation électronique a le pouvoir de corriger le tir. Elle s’inscrit dans le prolongement des mesures pour la numérisation du tissu entrepreneurial, comme la deuxième directive européenne sur les services de paiement, qui, depuis 2018, permet à des acteurs technologiques d’accéder aux données et de proposer des services d’initiation de paiement.

Des opérations comme la collecte de la TVA ou le paiement de factures par virement immédiat deviennent possibles à travers des briques applicatives avec lesquelles progiciels, logiciels de gestion et PDP peuvent enrichir leurs services.

Décupler la productivité des entreprises

Conçu comme une composante de la facturation électronique, le paiement instantané va décupler la productivité des entreprises, y compris des PME, dont les trésoreries sont plus à risque, grâce à un recouvrement facilité par la rapidité du paiement (quelques secondes) et par l’automatisation du rapprochement bancaire.

L’open banking pallie les lacunes des solutions de paiement traditionnelles comme le virement SEPA. Et pour cause, la Commission européenne y voit un moyen de paiement souverain afin d’accélérer son adoption, à l’instar de la troisième directive sur les services de paiement (DSP 3).

Les entreprises peuvent déjà payer et se faire payer par virement instantané ou immédiat grâce aux avancées de l’open banking. L’intégration du paiement par hyperlien ou QR code, communiqué par e-mail en parallèle de la facture, est une valeur ajoutée dans la différenciation des offres logicielles et PDP. L’entreprise cliente reçoit une facture fournisseur avec un QR code intégré par e-mail. Elle choisit ensuite sa banque, s’authentifie, vérifie les informations et donne un ordre de paiement, sans avoir à transmettre ses données bancaires. Quoi de plus sûr ?

Les logiciels, ERP, PDP, sont déjà vecteurs de la transition numérique, mais les éditeurs doivent anticiper et saisir l’opportunité de concevoir une offre différenciante, notamment en incluant des services de paiement instantané comme atout concurrentiel.

Enfin, l’obligation déclarative relative aux statuts de paiement serait simplifiée grâce à sa traçabilité via un virement open banking. Ces solutions contribueront au succès de la réforme de la facturation électronique.

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº883