L’open payment, solution gagnante dans les transports

Créé le

23.01.2024

-

Mis à jour le

26.01.2024

Le paiement sans contact pour fluidifier les déplacements (open payment) a déjà fait ses preuves en Europe et dans le monde. Retour sur ses succès, la technologie sous-jacente et les avantages pour les usagers, les villes et les transporteurs.

L’open payment offre une alternative au paiement classique pour régler ses déplacements sur les réseaux publics par l’utilisation de cartes sans contact ou d’applications mobiles. Il simplifie l’expérience des usagers en rendant l’achat de titres de transport plus fluide. Ce concept n’est pas nouveau et a déjà rencontré un franc succès dans plusieurs métropoles européennes telles Londres depuis 2012, Bruxelles, Rome, Milan, et aux Pays-Bas en 2023.

2023 a été une année exceptionnelle pour le sport en France, marquée entre autres par la Coupe du monde de rugby. Elle a aussi été un tournant majeur pour certaines villes françaises qui ont mis un point d’honneur à rendre leurs réseaux de transport en commun accessibles et fluides, notamment grâce à la mise en œuvre de solutions digitales ou technologiques, telles que l’open payment.

L’open payment a été déployé dans des villes comme Rennes, Lyon, Lille, et Marseille. Brest, quant à elle, a été parmi les pionnières en introduisant dès 2020 une fonction multimodale.

2024 promet également d’être marquée par de grands événements sportifs, tout particulièrement l’été prochain à Paris, et les avancées technologiques, notamment dans les transports, vont de nouveau être essentielles afin de faciliter les déplacements des visiteurs français et étrangers venus des quatre coins du globe.

La technologie au service de la mobilité

L’année 2023, marquée par la Coupe du monde de rugby, a permis à la France de rayonner internationalement, et a pu démontrer l’importance pour les villes et les régions françaises de s’adapter et de sécuriser l’affluence que génèrent les grands événements sportifs, grâce notamment à l’adoption de ce type de technologie.

La mise en œuvre de l’open payment repose sur trois piliers technologiques : des valideurs sans contact compatibles, un back-office billettique, et une interface utilisateur. Un exemple marquant est le déploiement réussi dans l’ensemble des transports publics sur tout le territoire aux Pays-Bas.

L’accent est mis sur l’accompagnement des villes pour comprendre les enjeux, les bénéfices, et les contraintes liés au déploiement de l’open payment. Des projets pilotes en cours, comme celui récemment déployé à Lille, fourniront des enseignements précieux.

$!L’open payment, solution gagnante dans les transports

L’enjeu repose désormais sur des améliorations pour l’enregistrement des cartes de paiement et des cartes multiservices, afin de proposer des tarifs préférentiels. Ainsi, le futur de l’open payment réside dans les projets multiservices, reflétant la vision d’une mobilité intégrée.

Un pari gagnant-gagnant

Les usagers sont les premiers bénéficiaires de cette évolution. Finies les files d’attente, le risque d’amende, et la confusion dans le choix des titres de transport. L’open payment offre une simplicité et une fluidité accrues, particulièrement appréciées par les voyageurs étrangers, qui étaient 600 000 à venir assister à la Coupe du monde de rugby l’automne dernier.

Bien que la mise en place de l’open payment ait un coût initial, les économies réalisées et les bénéfices écologiques sont non négligeables. Pour les villes, l’open payment représente un changement significatif dans la gestion des transports publics. Moins de distributeurs automatiques et moins de gestion d’espèces contribuent à un système plus efficace et respectueux de l’environnement. De plus, la mise en place d’une tarification adaptable au jour le jour permet d’ajuster les coûts en fonction des événements spécifiques, comme les pics de pollution ou les manifestations culturelles. Les 3 millions de transactions open payment observées dans les transports publics londoniens en attestent.

Du côté des acteurs du transport, l’adoption de l’open payment simplifie les opérations monétiques. Les coûts bancaires sont optimisés grâce à des mécanismes spécifiquement conçus, permettant ainsi aux transporteurs de réaliser des économies significatives. De plus, la fluidité accrue dans les transports augmente la vitesse commerciale, contribuant à une expérience plus efficace pour les usagers.

Une solution durable

L’open payment s’inscrit comme un pilier essentiel dans le développement des villes intelligentes. Son adoption généralisée promet non seulement des déplacements plus fluides lors des grands événements sportifs, mais également une mobilité urbaine plus efficace au quotidien. Plus qu’une simple avancée technologique, c’est une révolution qui redéfinit notre manière de nous déplacer, de payer, et de contribuer à la durabilité de notre planète. Un exemple à Helsinki avec le lancement en 2022 du programme « Tap & Ride » pour des vélos électriques afin de fournir une mobilité interopérable et durable ainsi qu’une expérience client fluide. L’objectif commun est clair : permettre à tous de payer leurs trajets de manière simple, efficace et sécurisée, avec des bénéfices tangibles dans leur vie quotidienne.

Cette alliance entre la technologie et la vision écologique dessine un futur où les transports publics sont non seulement accessibles à tous mais aussi durables pour notre planète.

En innovant et en offrant des services simplifiés à ses habitants, les villes peuvent aussi bénéficier d’une véritable attractivité. Offrir des services technologiques aux habitants, c’est aussi améliorer la qualité de vie avec des services urbains optimisés qui répondent au mieux aux aspirations, aux envies et aux contraintes de la population.

Il y a certainement encore des grandes villes, comme Paris en France, où la complexité du réseau et plusieurs gestionnaires rendent plus difficile le passage à l’open payment dans les transports publics. Néanmoins, des solutions existent, et New York et Londres ont montré que c’était possible. Nous restons confiants, car le soutien apporté à d’autres capitales ou grandes métropoles les a aidées dans cette transformation.

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº889