« Il va falloir s’adapter à un nouvel environnement de taux »

Créé le

23.01.2023

Responsable du développement des solutions de commerce globales pour BBVA, Clara Garcia Benedito revient sur les dernières nouveautés du numéro deux bancaire espagnol en matière de gestion de trésorerie et dévoile les objectifs de développement.

À quand remonte l’incursion de BBVA dans la gestion de trésorerie ?

BBVA dispose d’une très longue expérience dans la transformation digitale et l’accessibilité de ses services de gestion de trésorerie au travers des moyens numériques les plus adaptés. Après plus de 15 ans d’expérience dans le domaine des grandes entreprises et des multinationales, nous avons décidé de donner un coup de neuf à nos services de gestion de trésorerie pour les multinationales au travers du lancement de BBVA Pivot en mai 2021. Cette initiative a surtout permis d’unifier tous les services de gestion de trésorerie mondiale au sein d’un écosystème unique.

Plus précisément, quelles sont les fonctionnalités offertes par BBVA Pivot ?

Désormais, les paiements transfrontaliers, le financement de la chaîne d’approvisionnement ou les cartes de crédit sont accessibles en un point unique pour l’ensemble des filiales de l’entreprise, y compris si elles se situent dans des pays différents.

L’ensemble de ces solutions sont proposées par le biais de différents canaux de façon à permettre aux clients de choisir. Citons par exemple Pivot Net. Cette dernière permet d’effectuer des opérations bancaires en ligne dans n’importe quel pays et d’utiliser les services locaux, par le biais d’une application mobile ou sur internet. De son côté, Pivot Connect permet une connexion directe aux systèmes de trésorerie des entreprises (ou aux ERP) via Host to Host et Swift, ce qui a le mérite de résoudre les besoins d’information et de gestion des paiements et des encaissements des clients multinationaux.

Quel premier bilan faites-vous du lancement de BBVA Pivot il y a un an ?

Cette solution compte déjà plus de 1 500 clients, répartis essentiellement entre des entreprises locales dotées d’une trésorerie centralisée et automatisée à des multinationales, et gère un volume de transactions de plus de 660 milliards d’euros par an pour quelque 77 millions d’ordres. Nous avons récemment conclu un accord avec BAC Credomatic, un établissement financier situé en Amérique centrale, qui permet d’étendre ce partenariat à des entreprises qui ont des comptes au Costa Rica, au Guatemala, Nicaragua, Panama, Honduras et au Salvador. Grâce à ce partenariat, nous couvrons désormais 21 pays.

Quelle place occupe la gestion de trésorerie dans le cadre de la stratégie globale de BBVA ?

Le secteur des PME et des entreprises, y compris le secteur de la banque de financement et d’investissement (BFI), représente entre 45 % et 50 % des bénéfices du groupe. C’est un poids déjà significatif pour le groupe, mais nous estimons que le potentiel de développement y est encore important.

Quels sont vos objectifs pour cette année sur le segment de la gestion de trésorerie ?

Notre feuille de route consiste à continuer à augmenter le nombre de transactions à un bon rythme et d’attirer de nouveaux clients. Nous souhaitons créer de nouvelles opportunités grâce à des solutions innovantes, des alliances avec des banques tierces, tout en gardant à l’esprit l’importance cruciale de l’expérience client dans l’obtention de très bons résultats.

Comment voyez-vous évoluer le secteur de la gestion de trésorerie dans les prochains mois ?

Nous sommes entrés dans un nouvel environnement de taux d’intérêt, ce qui suppose une adaptation de la gestion de trésorerie à cette configuration de marché. Notre ambition reste évidemment toujours de réagir au plus vite aux nouvelles conditions de marché. Nous avons par exemple constaté récemment une demande croissante de la part de nos clients pour des solutions en temps réel, aussi bien pour la négociation que pour l’accès à l’information. Nos clients veulent connaître avec certitude l’état de leurs transactions, contrôler les coûts qui y sont associés et savoir si les fournisseurs ont bien reçu leurs paiements en temps voulu et sous la forme souhaitée.

Nous accompagnons aussi de façon croissante nos clients du secteur financier sur les questions de durabilité en les aidant, par exemple, à calculer leur empreinte carbone et accéder à des prêts « verts » pour leurs projets.

À l’avenir, il est probable que nous assistions à un développement de cas de cocréation entre les clients, les fournisseurs et les concurrents, de façon à apporter une plus grande valeur ajoutée aux solutions.

Propos recueillis par Stéphanie Salti

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº877