Un message direct à la BCE

Euro numérique : l’interpellation publique d’EPI et ses actionnaires

Créé le

29.11.2025

-

Mis à jour le

02.12.2025

Les initiatives privées ont déjà vu le jour et travaillent à leur interopérabilité. Pourquoi consommer de l’investissement pour d’autres solutions ?

Destiné aux paiements de détail, le projet d’euro numérique de la Banque Centrale Européenne prévu pour 2029 pourrait ne pas garantir l’autonomie stratégique de l’Europe, alerte l’European Payments Initiative (EPI) dans une lettre aux institutions européennes. L’EPI et ses banques fondatrices – BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole, Deutsche Bank, ABN AMRO, ING, la Banque Postale, KBC, Rabobank, Belfius, Crédit Mutuel, Groupe BPCE et Deutscher Sparkassen-und Giroverband – soulignent que la conception actuelle de l’euro numérique couvre largement les mêmes usages que les solutions privées, qu’elle n’apporte pas de valeur ajoutée significative pour les consommateurs et que son modèle public risque de freiner l’innovation, face aux acteurs mondiaux
tels que PayPal, Apple Pay ou Alipay.
Le déploiement obligatoire pour les prestataires de services de paiement pourrait détourner les ressources et l’attention des initiatives privées, tandis que les acteurs non européens conserveraient leur avantage. De même, le statut de cours légal et les subventions prévues risquent de créer une concurrence inégale.
Au lieu de capitaliser sur des systèmes éprouvés, l’euro numérique nécessiterait
des plateformes parallèles, augmentant
les coûts et la complexité pour les banques
et retardant l’adoption par les commerçants
et les consommateurs.

Déjà 45 millions d’utilisateurs

Pour l’EPI, l’autonomie stratégique de l’Europe passe par un partenariat public-privé, le renforcement du cadre réglementaire et l’accélération la stratégie des paiements instantanés européenne, notamment en soutenant les solutions privées comme Wero, déjà opérationnelle et interopérable. La solution, qui dessert 45 millions de citoyens pour les paiements de personne à personne en Belgique, France et Allemagne, prévoit la migration d’au moins 15 millions de consommateurs d’iDEAL aux Pays-Bas et de Payconiq au Luxembourg. Elle prépare également l’interopérabilité avec Bizum (Espagne), Bancomat Pay (Italie),
SIBS MB Way (Portugal) et Vipps MobilePay (pays nordiques).

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº910