Comment le réseau de distributeurs automatiques de billets (DAB) évolue-t-il ?
Les banques fournissent un accès aux billets avec les DAB, en agence ou hors agence, ainsi qu’à travers des points d’accès privatifs. On compte en France à fin 2022 plus de 73 000 points d’accès aux espèces, un nombre quasiment stable par rapport à l’année précédente ; la Banque de France a confirmé en juillet le très bon niveau d’accessibilité aux billets sur le territoire.
Comment les banques parent-elles les fraudes ?
La fraude à la carte bancaire (y compris sans contact et à distance) s’est établie à 464 millions d’euros en 2022, selon l’Observatoire de la sécurité des moyens de paiement : elle baisse légèrement, alors même que le montant des transactions a augmenté de 143 milliards depuis 2019. C’est le résultat du passage à l’authentification forte à deux facteurs (sur les trois que sont l’inhérence, la connaissance et la possession), mais aussi de l’engagement des banques. Celles-ci ont d’ailleurs proposé d’aller au-delà des obligations de la DSP 2 et des recommandations de l’Observatoire dans l’amélioration des informations et des messages adressés aux clients lors de la réalisation des opérations. Concrètement, au moment du paiement, des messages rappellent au client qu’il va valider l’opération, par exemple. Chaque banque va déployer cette alerte, avec ses termes et à ses couleurs.
Presse, messages radio, podcast, etc. : la FBF a en plus mené une opération de prévention sur le fait que le client ne doit jamais transmettre ses données bancaires ; cette campagne fera l’objet d’une nouvelle diffusion lors du « cyber mois », en octobre. Le client a-t-il autorisé le paiement ? C’est une notion-clé. Chacun doit être acteur, pour la sécurité de tous.
Toutefois, la fraude est de plus en plus sophistiquée. Dans certains cas, c’est le numéro de téléphone du conseiller bancaire qui est usurpé. À cet égard, l’opérateur de télécom doit mettre en œuvre les moyens adaptés, en vertu de la loi Naegelen de 2020, dont les dispositions entrent en vigueur ce 25 juillet 2023.
Est-il opportun de supprimer les facturettes ?
La fin de l’impression systématique des facturettes par les commerçants était envisagée par le législateur pour début 2023, dans un souci environnemental. Elle a été repoussée au 1er août 2023. La facturette montre simplement qu’il y a eu transaction. Elle peut aussi être dématérialisée. Toutefois, les opérations de paiement par carte bancaire annulées ou n’ayant pas abouti continueront de donner lieu à l’impression d’un ticket remis au client.
À quand un paiement instantané pour les consommateurs et commerçants français ?
La technologie est en place : ce n’est pas un obstacle. En termes d’usages, le virement instantané se déploie aujourd’hui notamment en P2P et P2pro via les applications mobiles, mais le paiement en face-à-face n’est pas très développé, les clients restant très attachés à la carte. Ce que cela change pour le commerçant, c’est qu’il dispose du crédit immédiat des transactions, ou bien d’un état de sa caisse à la journée. Nous restons à l’écoute des besoins de chaque catégorie de clients.
Bien des textes européens réglementent le numérique et touchent aux paiements, en open finance. Quel est l’impact pour les banques ?
Les acteurs historiques sont tout aussi innovants que les nouveaux entrants, avec des valeurs et des fondamentaux solides et une clientèle de dizaines de millions de clients qui accèdent directement à leurs services.
Nous constatons effectivement la publication de nombreux projets de textes européens. La régulation va croissant, en même temps que l’ouverture aux acteurs non bancaires. La DSP 2 s’inscrivait dans le registre de l’open banking. Désormais, il s’agit de clarifier l’open finance : ce que cela recouvre et quelles sont les données concernées. C’est un sujet important pour l’année 2024. Les banques ont un savoir-faire, elles ont investi et ont des actifs. Elles sont aussi, par nature, des tiers de confiance. Assurer la confidentialité des données de leurs clients constitue également un actif. Dans le cadre de DSP 2, l’ouverture des systèmes bancaires par l’intermédiaire des API est gratuite. Cette notion de gratuité est problématique, car elle ne reflète pas le coût économique.
Les banques ont développé une relation de confiance avec les clients. Leur capacité à innover au service de tous les clients est réelle. Leur modèle est très cohérent. Attention, à l’inverse, à une approche des activités en silos.
Propos recueillis par Sylvie Guyony