Les rapports sur la dépendance numérique européenne se succèdent : ils sont tous alarmants. D’un côté, Mario Draghi fait un constat des importantes dépendances technologiques européennes notamment envers les États-Unis. De l’autre, la croissance de l’empreinte des acteurs internationaux en Europe se renforce de manière vertigineuse avec l’arrivée de produits d’intelligence artificielle. « Cela conduit à une ponction majeure sur l’économie européenne », explique Henri d’Agrain, délégué général du Cigref. Quant à Christian de Boissieu, vice-président du Cercle des Économistes, il constate que « tout se passe comme si l’on ne tirait pas tout le parti du marché unique ».
Dans le domaine des paiements, la même analyse est totalement pertinente. Certes, il est possible de mettre en avant quelques beaux succès, une réglementation renforcée et la conservation – pour le moment – de la maîtrise de l’essentiel des marchés locaux de paiement par des acteurs européens. Mais en réalité, l’Europe a raté pour l’essentiel le coche de l’intégration des marchés de paiement et de la bataille technologique, sur le plan industriel, dans les paiements, avec notamment la domination persistante des grands schémas cartes internationaux (ICS). La tendance est à la perte de pans des marchés en faveur des acteurs internationaux.
L’Europe, un marché devenu suiveur
Ce n’est pas la première fois que l’Europe et la France doivent affronter une concurrence dotée de moyens considérables et d’ambitions fortes. Dès le début des années 90, elles ont vu arriver le boulet asiatique, puis américain, et ont tenté de les éviter. Mais quelques échecs retentissants, quelques réglementations européennes excessives et quelques décisions probablement hâtives ont conduit à lâcher la proie pour le suivisme. Les acteurs clés de l’Europe des paiements tentent bien de réagir en commun, et notamment en France, avec les plans de réarmement du groupement des cartes bancaires, ou de construire une solution européenne avec Wero (le wallet d’EPI). Mais ces initiatives restent un immense défi technologique, commercial et financier. Comment assurer leur réussite ? C’est une question qui va bien au-delà de CB et de Wero, et nécessite une nouvelle stratégie ambitieuse des paiements, s’appuyant sur son expertise, son marché et son histoire.
Années 70 et 80 : un extraordinaire dynamisme technologique
Quand on reprend l’histoire des moyens et systèmes de paiement en France, en remontant aux années 1970, on ne peut que saluer le dynamisme technologique dont a fait preuve à l’époque le secteur bancaire et financier français, notamment en ce qui concerne les paiements. C’était l’époque des premières cartes bancaires, avec la Carte Bleue qui, dès 1971, était l’une des premières au monde à être dotée d’une piste magnétique. C’était aussi l’invention de la carte à mémoire, en 1974, puis la création de la première carte à puce, dès 1978. Au début des années 1980, arrivèrent des standards internationaux de communication permettant la création des premiers services bancaires à distance au monde.
Cet engouement pour la technologie a bénéficié du soutien d’une politique dite « industrielle ». Elle s’est notamment traduite par des schémas directeurs dans toutes les entreprises publiques et dans les banques, puis par la création du GIE carte à mémoire dès la fin des années 75, avec pour objectif de déployer la carte à puce notamment dans le monde bancaire.
La décennie 80 a été une période d’innovation importante et d’investissements informatiques. À la clef : des avancées majeures dans les paiements. Dès le début des années 1980, la Banque de France avait investi sur des ordinateurs de compensation régionaux. Les banques s’étaient toutes équipées de moyens de traitement, y compris à cette échelle régionale. C’est à cette époque que fut créé le Groupement des cartes bancaires (1984), envisagé un grand plan industriel pour le paiement par carte, via un schéma directeur pour créer un Système national de paiement par carte, et enfin réalisé la première tentative de déploiement de la carte à puce.
Début positif jusqu’aux années 90
En 1989, les banques se sont remises à l’ouvrage pour « harmoniser » l’organisation interbancaire dans le monde de la carte de paiement, aboutissant à un nouveau Groupement des Cartes Bancaires, désormais dénommé CB. Le déploiement des cartes à puces est enfin réussi. À partir de 1993, toutes les cartes bancaires émises en France sont désormais équipées d’une puce ! Cette carte est devenue une référence mondiale par sa sécurité, le symbole de la technologie bancaire française. Alors qu’ils y étaient initialement opposés, la carte à puce a même été reprise à leur compte par les schémas internationaux. Certaines entreprises françaises et européennes se trouvent alors propulsées au sommet des entreprises mondiales. Et le Groupement des Cartes Bancaires, qui a fêté ses 40 ans cette année, devient le premier schéma domestique de paiement par carte européen. On pourrait évoquer encore d’autres grands succès technologiques, comme le système de compensation français, GSIT, puis son successeur, STET. Alors qu’il célèbre ses vingt ans cette année, il reste le premier d’Europe en volume de transactions.
L’entrée dans l’ère internationale
Les années 1990 sont une période charnière. Elles ont été à la fois une période de plusieurs grands projets technologiques, de premiers succès internationaux, d’investissements technologiques massifs dans les réseaux de télécommunication, mais aussi d’une première prise de conscience des menaces internationales. Sans oublier un infléchissement de la stratégie technologique dans le secteur bancaire et financier.
Au début des années 1990, la finance asiatique, notamment japonaise, était triomphante. Fondée sur des investissements lourds dans des systèmes automatisés, elle menaçait la France et l’Europe. Le rapport de place intitulé « Évaluation Technologique du système bancaire et financier français », que j’avais rédigé, avait permis de mesurer les forces et faiblesses de la place de Paris au plan technologique, face à la concurrence financière internationale, de conforter divers projets de place et redéfinit l’interbancarité française... Ce rapport a constitué un guide de l’interbancarité des années 1990 en France. De son côté, un autre rapport élaboré sous l’égide de la Banque de France et des autres banques centrales européennes, sur les organisations interbancaires de paiement en Europe, dans huit grands pays européens, avait mis en avant la fragmentation et la diversité des cultures de paiements en Europe. Un regret majeur : il n’avait débouché sur aucune action pour réduire cette fragmentation.
Les Américains brisent les codes
Puis sont apparues les premières menaces américaines sur les solutions françaises. En 1992, Visa International débauche l’équipe de direction du projet français de déploiement de la carte à puce. En 1995, c’est la réorientation de la politique du Partenariat EMV vers un standard carte à puce, finalement publié en 1999. Et face au succès en France du Minitel, dès la fin des années 1980, diverses initiatives américaines voient le jour pour offrir une solution de vente électronique à distance concurrente. Leurs premier pas ne furent pas une réussite. Mais le lancement de l’Internet, et sa conversion en un outil grand public, va donner naissance au développement du commerce électronique et de la banque à distance. La Direction Générale des Télécommunications française refuse alors de porter ses succès sur le Minitel sur le nouvel environnement Internet. Nouveau regret sur cette décision stratégique : elle isole la solution française et provoque ensuite sa rapide disparition.
Les atouts du marketing et cotation
Au cours de cette période, les associations internationales de paiement par carte Visa et Mastercard deviennent des entreprises cotées. Elles répondent ainsi au souhait du Gouvernement américain de limiter le pouvoir d’influence des banques dans les systèmes cartes. L’Europe, elle conserve sa logique d’organisation interbancaire, dominante sur le vieux continent.
Enfin, c’est la montée en puissance du marketing dans le monde bancaire et financier, en alternative à la technologie : l’exemple majeur a été la montée en puissance progressive de la place de Londres, sans investissement technologique majeur mais avec un important investissement marketing, et, les succès des systèmes cartes anglais directement dans les mains des ICS. Cela fut une prise de conscience par les grands acteurs bancaires français de la puissance du marketing anglo-saxon, et de la possibilité de partir de solutions offertes par les acteurs technologiques du marché, sans avoir à les financer. Le marketing allait supplanter la technologie. La concurrence imposait un level playing field, et il fallait se battre à armes égales avec les concurrents internationaux.
2000 : la naissance de Google, Amazon, Apple
La fin des années 1990 et la première décennie des années 2000, jusqu’à 2008, ont été marquées par trois grandes révolutions de la pensée française et européenne dans le monde bancaire et financier, et notamment dans les paiements. Il y a d’abord, l’internationalisation des marchés grâce au commerce électronique triomphant, même si la chute de la Bourse en 2002 a offert un répit aux banques et acteurs financiers. C’est le début des acteurs financiers alternatifs, qui avaient en quelques années capté une part des flux de paiement, avant de s’effondrer en 2002, pour être repris par les banques. À l’international, c’est la naissance des grandes entreprises technologiques sur l’Internet, les Google, Amazon ou Apple avec le lancement de son premier iPhone. Les banques ont alors dû revoir toute leur stratégie de commercialisation de leurs produits et services de paiement à l’aune du multicanal et des technologies naissantes. C’est aussi la montée en puissance des ICS, qui ont commencé à bloquer les initiatives locales en France et en Europe, et à racheter des entreprises locales, comme certaines organisations interbancaires du paiement par carte en Europe ou certains systèmes nationaux interbancaires de compensation, comme au Royaume-Uni.
1999 : naissance de l’euro
Il y a ensuite la construction européenne : le passage à l’euro et la poursuite de la politique européenne, encore très balbutiante, lancée au début des années 1990, de solutions de paiement européennes dites « transfrontières » et de solution européenne de paiement par carte, pour assurer une alternative au duopole Visa/Mastercard en Europe. C’est aussi une période d’acceptation progressive par les acteurs bancaires français des exigences du marché européen, avec le projet SEPA, qui s’est étendu de 2002 à 2014, avec une étape clé en janvier 2008, avec le lancement du SEPA Credit Transfer (SCT) et du SEPA Direct Debit (SDD), les nouveaux virements et prélèvements européens, et qui a réussi grâce à l’adoption d’un règlement européen sur la date de fin (end date). C’est enfin, la promulgation en 2007 de la première directive européenne sur les paiements, la DSP 1.
Lancé en 2002 avec l’European Payment Council, le SEPA comportait également un volet pour la carte, mais il n’avait pas pour but de créer un schéma comme pour les autres instruments, visant plutôt l’interopérabilité en Europe avec le SEPA Card Framework. Cet objectif a été rapidement transféré vers une organisation spécifique, le SEPA Card Working Group, auquel participent les schémas internationaux dominants, présents en Europe. En 2023, cet outil s’est lui-même transformé en European Payments Stakeholders Group (EPSG) et souhaite devenir l’association européenne en charge de la standardisation des paiements, cartes et non cartes, dans le SEPA.
La technologie européenne cesse d’être successfull
Enfin, ce fut une nouvelle période de foisonnement technologique, avec une multitude de projets dans le monde des paiements. La plupart ont échoué. Citons pour la France le projet CyberComm de paiement sécurisé par carte, qui s’est heurté aux ICS, ou le projet Monéo de porte-monnaie électronique interbancaire, bloqué par la politique très restrictive de concurrence européenne. Côté réussites, quelques années plus tard, diverses solutions de paiement électronique, l’apparition des premiers établissements de monnaie électronique et des premiers établissements de paiement, ou encore des velléités d’opérateurs de télécommunication d’investir le monde de la banque et du paiement.
Le monde du paiement a durant cette période été bousculé et a dû s’adapter à toutes ces évolutions techniques, marketing et réglementaires, et investir lourdement, pour tenir face à la déferlante de l’Internet américain, à une réglementation de plus en plus lourde et à la montée en puissance des schémas internationaux.
Crise de 2008 : l’Europe rate le coche
C’est dans cet environnement qu’arrive la crise financière de 2007-2008. Cette période est une triple occasion manquée pour l’Europe des paiements :
– l’occasion manquée d’apporter une réponse au niveau européen à la crise. De l’autre côté de l’Atlantique, la crise conduit à une consolidation bancaire et industrielle américaine majeure. Les États-Unis dominent désormais le monde ;
– celle d’organiser les systèmes de paiement au plan européen. Certes, la décision de généraliser le SEPA a permis de jeter les bases d’une harmonisation européenne des règles sur les paiements hors carte en Europe. Mais c’est l’arbre qui cache la forêt. Cinq années après le démarrage de la crise de 2007, trente banques européennes lançaient un projet de système carte européen, le Projet Monnet. Ce sera un échec face à une réglementation européenne draconienne en matière de concurrence et la remise en cause des interchanges qui auraient pu financer le projet ;
– enfin, l’occasion manquée d’affirmer une souveraineté européenne face à une crise importée des États-Unis, qui a conduit à abandonner progressivement quelques fleurons européens des paiements à des acteurs américains. Ce mouvement avait démarré dès 2002, avec la vente d’Europay International à Mastercard, suivi de la vente de Carte Bleue à Visa Europe, en 2010, et enfin la vente de Visa Europe à Visa International, en 2016. Malgré la crise financière, la logique de l’internationalisation des paiements l’a emporté sur la logique européenne, perçue essentiellement comme une contrainte, et non comme une opportunité.
Pendant ce temps, les Américains ne chôment pas
A contrario, cette crise a provoqué un envol hors d’Europe des grandes big techs internationales et leur implication grandissante dans le monde des paiements, avec des solutions de paiement numériques, comme avec les XPay (Apple Pay ou Google Pay), mais aussi avec des solutions plus innovantes comme le lancement à l’automne 2008 du Bitcoin, perçu comme une triple remise en cause des dispositifs de paiement existants, puis comme le projet Libra (devenu Diem avant d’être abandonné par META), et avec l’extension de la présence des ICS, bien au-delà du paiement par carte, dans tous les segments des paiements.
Aujourd’hui, l’Europe fait face à des acteurs du numérique et ICS qui investissent désormais tous les compartiments du marché des paiements, riche en données clients, avec des moyens technologiques considérables, et des moyens financiers qui se chiffrent en dizaines, voire centaines de milliards de dollars. Impossible de concurrencer si l’on ne sort pas de la fragmentation européenne.
L’heure d’une nouvelle prise de conscience
La prise de conscience sur le recul potentiel face à l’armada américaine ou chinoise est venue tardivement. D’abord dans le domaine des cartes bancaires, après le rachat des divers schémas européens, Europay puis Visa Europe, par les schémas internationaux : cela a conduit au premier plan de réarmement du Groupement des cartes bancaires. Mais, c’est surtout ensuite, avec le développement d’offres dans les paiements des big techs américaines, et avec les restrictions imposées aux systèmes de paiement internationaux pour des motifs géopolitiques, que s’est forgée une nouvelle prise de conscience européenne, notamment via la Retail Payments Strategy de septembre 2020, de la nécessité d’affirmer une souveraineté européenne (également appelée « autonomie stratégique ouverte »). Cette prise de conscience s’est enfin réalisée avec le lancement de l’initiative européenne EPI, qui a dû être reconfigurée en abandonnant son volet « carte » et en se centrant sur le paiement mobile et à distance (le wallet Wero).
Mais cette prise de conscience se heurte à trois évolutions majeures :
– d’abord, la qualité des solutions et de l’innovation des solutions internationales, nées de la concentration oligopolistique mondiale et de moyens technologiques, commerciaux et industriels phénoménaux, qui ont séduit la clientèle européenne ;
– ensuite, du côté bancaire, la nécessité de conserver les clients et de leur offrir les meilleures solutions du marché, quitte à aller les chercher auprès des acteurs internationaux et de les payer très cher ;
– enfin, l’ampleur des investissements à consentir pour contrer les solutions internationales, qui nécessiteraient un réel marché unique des paiements et notamment une solidarité européenne.
C’est la difficulté actuelle de Wero. Il en résulte une forte dépendance européenne par rapport au reste du monde et une ponction économique exorbitante. Ne soyons pas dupes : elle ne fera que se développer pour permettre de financer la croissance des big techs et des ICS dans les technologies du futur.
Et maintenant... l’heure du courage ?
De façon plus générale, au moment où l’on s’apprête à revoir le plan stratégique européen, il faut bien admettre que, malgré son expertise, l’industrie européenne des paiements numériques est engagée dans un combat inégal, avec ses faibles armes, et qu’elle n’a que très peu d’entreprises à opposer aux énormes entreprises du numérique et des paiements américaines et asiatiques.
L’Europe est engagée depuis le début des années 1990 dans la création d’un grand marché unique et elle a montré qu’elle pouvait disposer d’un cadre réglementaire moderne et innovant. Mais ce cadre, dont il a fallu financer la mise en place depuis plus de trente ans, n’a pas permis jusqu’à présent de faire face à la compétition internationale. On peut y voir aussi les conséquences d’une politique de concurrence draconienne et du choix de privilégier des objectifs politiques, notamment la défense du consommateur, au détriment du développement des entreprises, et des offreurs de solutions, avec un écrasement des conditions financières, alors que les acteurs internationaux appliquent des tarifs très élevés et des normes de sécurité inférieures.
L’Europe s’est aussi beaucoup ouverte à de nombreux pays qui contribuent faiblement au marché des paiements, dont près de 70 % des flux sont assurés par les six ou huit pays de l’Europe de l’Ouest. Mais la diversité culturelle et la volonté des nombreux États de protéger leurs solutions nationales conduisent à une balkanisation des systèmes européens de paiement. Et aucune concentration industrielle n’a eu lieu, au nom de la diversité culturelle.
Enfin, l’Europe a tenté d’organiser un marché unique, au travers du SEPA. Cela a permis notamment d’harmoniser les instruments paneuropéens de paiement. Mais d’une part, elle a dû retirer la carte de l’objectif commun, sous la pression des schémas internationaux, et d’autre part, elle a défini via l’EPC des schémas « fonctionnels », mais qui ne s’appuient pas sur des infrastructures industrielles paneuropéennes ! Il faut donc pallier ces dysfonctionnements, et organiser un marché à la fois souverain, défragmenté et compétitif.
Réorienter la politique de concurrence
sur les acteurs internationaux
Pour cela, il faut reprendre l’organisation des paiements en Europe, avec trois objectifs :
– créer une interbancarité européenne, avec ses règles de solidarité financière, et mettre en place des infrastructures européennes de paiement, par consolidation des solutions domestiques plutôt que par le développement de nouvelles solutions de Banque centrale. Cela imposera de mettre à plat les écarts entre les plateformes et les règles des divers pays, pour faire surgir les best practices et harmoniser le fonctionnement européen ;
– réorienter la politique de concurrence, en l’appliquant davantage aux acteurs internationaux qu’aux acteurs européens, libérer la politique prix pour l’aligner sur les pratiques internationales, favoriser les consolidations et dissoudre les engagements commerciaux contraires aux objectifs d’unification du marché européen ;
– mettre en place un cadre réglementaire unique pour tout l’espace européen et harmoniser les nombreuses réglementations qui s’appliquent directement ou indirectement au monde du paiement.
Il faut aussi s’inscrire dans une politique industrielle européenne forte dans le domaine du numérique, et veiller à une plus forte synergie entre les acteurs publics et privés européens. L’Europe est à un tournant. Elle doit se ressaisir, pour définir une stratégie plus ambitieuse dans les paiements qui a une chance de réussir. Le futur Plan stratégique européen peut être l’occasion de ce sursaut. L’Europe a le marché, l’expertise et la puissance financière pour insuffler une nouvelle dynamique, comme celle que la France a connue dans le passé. France Payments Forum contribuera à la définition de cette stratégie et à sa mise en œuvre.