Trois questions à Émilie Amisse, secrétaire générale
de l’Observatoire de l’évolution des métiers de l’assurance (OEMA)

« Les assureurs restent aujourd’hui dans une logique
de croissance des effectifs et de transformation des métiers »

Créé le

18.08.2026

Malgré des effectifs légèrement en hausse, les métiers de l’assurance se recomposent
sous l’effet de l’IA et appellent de nouvelles compétences.

Les effectifs de l’assurance continuent-ils de progresser à l’heure actuelle ?

Oui, mais la dynamique ralentit. Le secteur compterait désormais 162 700 salariés, soit une progression de 0,9 % l’an passé, après une hausse moyenne de 1,8 % des effectifs entre 2019 et 2024. Un signal mérite toutefois d’être suivi : avec 400 contrats d’alternance de moins en 2025, un recul est observé pour la première fois depuis plusieurs années. Cette évolution reste néanmoins à relativiser au regard de la progression de 63 % du nombre de contrats entre 2015 et 2025 et ne permet pas, à ce stade, de conclure à une inversion durable de tendance.

Quels nouveaux profils émergent le plus nettement ?

Les métiers liés à la transformation digitale et aux systèmes d’information montent en puissance dans les effectifs. L’intelligence artificielle (IA) ne crée pas encore massivement de nouveaux métiers, mais redessine de nouveaux rôles avec des auditeurs IA et des superviseurs IA, c’est-à-dire des experts métiers capables de superviser et de challenger les outils, ou des profils hybrides associant expertise métier et compétences technologiques. D’autres mutations, liées notamment au changement climatique, font aussi émerger des profils spécialisés comme des tacticiens carbone, conseillers en résilience climatique ou ingénieurs prévention orientés vers les risques climatiques, cyber ou technologiques.

Comment les assureurs accompagnent-ils les mutations ?

À ce stade, les assureurs agissent prioritairement en accompagnant leurs salariés sur le renforcement des compétences ou par la reconversion professionnelle et visent a minima la stabilisation des effectifs. La priorité porte sur la montée en compétences, la formation à l’esprit critique face à l’IA et l’usage de nouveaux outils pédagogiques. Pour les jeunes recrues, l’enjeu devient central. Si les tâches les plus formatrices sont automatisées, il faut repenser l’apprentissage, valoriser la créativité, la collaboration, et sans doute réhabiliter un mentorat plus classique, porté par l’expérience des seniors.

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº919