Dernier épisode d’un feuilleton

Le conseil d’administration de Mediobanca tire sa révérence

Créé le

18.09.2025

-

Mis à jour le

02.10.2025

La démission du directeur général Alberto Nagel signe la fin d’une ère pour la banque d’affaires milanaise.

Créée en 1946 pour faciliter la reconstruction industrielle italienne, la banque d’affaires Mediobanca vient de clore un long chapitre de son histoire. Après le succès de l’offre publique d’achat (OPA) de la banque toscane Monte dei Paschi (MPS), le conseil d’administration de la banque milanaise a démissionné le 18 septembre, à l’exception de Sandro Panizza, administrateur de la liste Delfin, la holding de feu le milliardaire Leonardo del Vecchio et appui de l’OPA de MPS sur Mediobanca. La décision prendra effet lors de la prochaine AG prévue le 28 octobre. Elle a été prise “afin de faciliter une transition ordonnée et rapide grâce à la nomination d’un nouvel organe de direction” peut-on lire dans un communiqué de presse publié par la banque de Piazzetta Cuccia. Le conseil d’administration a également décidé, “compte tenu des changements intervenus dans la structure de l’actionnariat et du cadre d’autorisation différent que cela implique”, de ne pas procéder à la dernière tranche du programme de rachat et d’annulation d’actions prévu dans le plan stratégique annoncé le 31 juillet 2025.

Graecia capta ferum victorem cepit”

Dans un courrier de deux pages adressé à ses collègues, le directeur général de Mediobanca Alberto Nagel a tenu à remercier chaleureusement l’ensemble de ses collaborateurs pour lui avoir “donné le privilège de travailler avec eux”. Sa démission marque la fin d’une carrière de 34 ans réalisée entièrement au sein de Mediobanca, dont 17 au poste de directeur général. Le dirigeant a retracé brièvement les grands jalons de cette double décennie marquée par un triplement du nombre de salariés à 6 200 personnes alors que beaucoup de ses concurrentes ont été contraintes de réduire la voilure. Sur cette période, Mediobanca a également distribué quelque 8,5 milliards d’euros à ses actionnaires, sans jamais recourir à une augmentation de capital et est parvenue à dégager un rendement total pour les actionnaires de plus de 500%. “Je suis certain que les nouveaux propriétaires de la banque ne pourront pas faire abstraction de la valeur inestimable de votre professionnalisme” a-t-il conclu. Non sans demander à ses collaborateurs de bien garder en tête cette citation du poète latin Horace : “Graecia capta ferum victorem cepit”. Littéralement, “la Grèce conquise a conquis son farouche vainqueur”. Une façon habile de signaler que bien que rachetée de façon hostile par MPS, Mediobanca continuera à maintenir une supériorité culturelle.

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº908