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Dernières publications venant clore la saison des résultats 2024 des banques françaises, les résultats de la Confédération Nationale du Crédit Mutuel (CNCM) et de La Banque Postale sont désormais connus. La Banque Postale ressort de cet exercice avec un résultat net part du groupe (RNPG) de 1,19 milliard d’euros, soit une hausse de 19,1 % sur un an. La progression du produit net bancaire (PNB) est moindre, à 4,1 % (7,55 milliards d’euros). L’établissement dirigé par Stéphane Dedeyan tire son épingle du jeu, mais reste fortement tributaire des performances de CNP Assurances. Le résultat de l’assureur atteint 1,58 milliard d’euros en 2024, en légère augmentation de 2 %.
De son côté, la Confédération Nationale du Crédit Mutuel annonce une hausse de son activité, avec un PNB passé de 18,7 milliards à 19,27 milliards d’euros. Elle qualifie son RNPG de « quasiment stable » à 4,457 milliards d’euros en 2024. Il était de 4,571 milliards d’euros en 2023. Sur ce critère, le groupe mutualiste occupe la troisième place en France. Cette performance 2024 ne constituait pas un grand mystère : Crédit Mutuel Alliance Fédérale, qui représente une très grande part des activités du groupe, avait publié ses propres résultats un peu plus tôt dans le trimestre. Le tableau a depuis été complété par les performances de Crédit Mutuel Arkéa. Pour l’établissement d’origine bretonne, 2024 fut synonyme de vents contraires. Son PNB progresse de 2 % à 2,184 milliards d’euros, alors que le RNPG de 315 millions d’euros affiche un recul de 5,2 %.
Forte conquête et résultats décevants pour Arkéa
Contrainte par des taux directeurs encore élevés, un service important de l’épargne réglementée, et dans une économie en proie à la circonspection, l’activité bancaire de territoires reste à la peine. Crédit Mutuel Arkéa indique que la production de crédits à l’habitat a subi une baisse de 28 % en 2024. La CNCM souligne de son côté « l’augmentation significative du nombre de défaillances d’entreprises et de professionnels en 2024 » et un coût du risque en augmentation de 61,6 %. Crédit Mutuel Arkéa enregistre, à lui seul, une hausse du coût du risque de 91 %. Il reste toutefois limité à 20 points de base. La marge nette d’intérêt du groupe dirigé par Julien Carmona a baissé par ailleurs de 6,2 % en 2024.
Les revenus du métier « assurance » de ces banques font partie des progressions remarquables de 2024. Au-delà du cas spécifique de La Banque Postale et de CNP Assurances, la CNCM relève une augmentation de 11,1 % de son chiffre d’affaires d’assurance. L’assurance vie est notamment en hausse de 16 %. Fondée sur une forte diversification des activités, la banque dite « universelle » revêt ici toute son importance. La conquête de clientèle est restée une priorité malgré des conditions de marché défavorables. Crédit Mutuel Arkéa affiche une progression de 5,6 % de son portefeuille de clients particuliers et entreprises, au nombre de 5 406 115. À plus large échelle, pour la CNCM, hausse de l’encours d’épargne et croissance des dépôts sont également à l’ordre du jour. Le groupe évoque ainsi une « politique commerciale volontariste » concernant les dépôts à terme.
Des CET1 à faire pâlir d’envie
La Banque Postale signale de son côté une hausse de 73 % de nouveaux clients équipés, ainsi qu’une progression de 38 % de clients existants équipés. L’efficacité opérationnelle des banques françaises de territoire fait partie des habituels responsables désignés de la faiblesse de leurs marges. La Banque Postale est en progression sur ce point, avec une baisse de son coefficient d’exploitation à 64,6 %, contre 68,2 % en 2023. La CNCM, quant à elle, peut se prévaloir d’un coefficient d’exploitation limité à 57,7 %. Ces banques entament 2025 dans un contexte économique pour le moins incertain, mais la baisse des taux directeurs européens crée aussi les conditions d’un financement moins coûteux. En outre, leur stabilité financière ne paraît pas sujette à inquiétude : La Banque Postale affiche un ratio de CET1 (Common Equity Tier 1) à 17,8 %, tandis que la CNCM atteint un ratio de 19,4 %, le plus élevé parmi les établissements français.