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Crédit Mutuel Alliance Fédérale: la banque universelle se porte mieux qu’il n’y paraît

Créé le

21.08.2025

-

Mis à jour le

03.02.2026

Les réseaux bancaires pâtissent de l’implantation hexagonale des activités, malgré une belle progression. Crédit Mutuel Alliance Fédérale poursuit son développement à l’étranger.

C’est en quelque sorte un résultat en trompe-l’œil qu’a délivré Crédit Mutuel Alliance Fédérale à l’issue de ce premier semestre 2025. Malgré une progression de son produit net bancaire, passé de 8257millions d’euros à 8768millions d’euros, le résultat net part du groupe ne s’élève qu’à 1826millions d’euros, contre 2032millions d’euros à la fin du premier semestre 2024. La banque avait déjà communiqué sur ce sujet et les chiffres semblent lui donner raison: Sans l’imposition sur les sociétés introduite par le projet de loi de finances 2025, il aurait progressé de +5,3 % par rapport au premier semestre 2025, indique la banque.

Les performances du réseau bancaire

La banque de détail compte pour 6466millions d’euros de ce PNB et son résultat net des réseaux bancaires atteint 607millions d’euros, en hausse respectivement de +6,1 % et +4,5 %

Comme pour les autres banques de détail, l’amélioration de la marge nette d’intérêt et le retour de la production de crédits à l’habitat figurent parmi les facteurs expliquant les performances du groupe dans l’Hexagone.

L’efficacité opérationnelle”, selon le groupe mutualiste, en est un autre. Crédit Mutuel Alliance Fédérale bénéficie en effet d’un faible coefficient d’exploitation, à 57,3%.

Au-delà des réseaux bancaires, le crédit à la consommation, via la filiale Cofidis notamment, comptabilise pour sa part 1764millions d’euros de PNB. Ce dernier compte pour une bonne part dans le coût du risque et il reste à des niveaux élevés. Le groupe mutualiste mentionne cependant son reflux. De façon générale, malgré un contexte plutôt difficile pour le tissu économique, ce coût du risque a légèrement reculé. Il “se stabilise à 902millions d’euros (-5,8%)”, précise le groupe, qui conserve des niveaux de ratio de fonds propres et de liquidité réglementaires à respectivement 19,5% et 164,8%.

Croissance externe et diversification en Allemagne

La progression la plus importante s’observe du côté de l’assurance, avec un PNB de 812millions d’euros, en hausse de +15,9 % par rapport au premier semestre 2025. La commercialisation concerne plusieurs types d’assurance: assurance-vie, assurance de biens... Le RNPG reste cependant quasiment au même niveau qu’au deuxième trimestre 2024, à 485millions d’euros.

Ce PNB émane aussi des implantations du groupe en Belgique, via Beobank, et, surtout, en Allemagne, via Targobank, qui se double du rachat d’OLB. La croissance du marché domestique de la bancassurance outre-Rhin est un axe important de sa stratégie. L’établissement allemand est en pleine diversification de ses activités.

Des résultats contrastés dans les métiers spécialisés

Concernant la branche des métiers spécialisés, le développement de l’accompagnement des entreprises et la banque de financement et d’investissement font partie des ambitions du groupe mutualiste. Sur ce plan, la banque de financement enregistre un recul de -3,7% de son PNB, à 323millions d’euros. Le résultat net demeure cependant quasi stable, à 158millions d’euros, fruit de la conjugaison de facteurs aux mouvements divergents: le coût du risque s’est considérablement résorbé, mais la marge nette d’intérêt était plus “favorable” au deuxième trimestre 2024 et l’imposition sur les bénéfices a finalement grevé un résultat en hausse de 14,1% avant impôts. Le capital-investissement recule également.

Les indicateurs sont davantage positifs pour le PNB des activités de marché, à 331millions d’euros, soit +11 % par rapport à la même période en 2024. Elles ont tiré parti de la forte volatilité des marchés. Frais de fonctionnement et impôts sur les bénéfices conduisent à une quasi-stabilité du résultat net, à 124millions d’euros.

La gestion d’actifs et la banque privée ressortent également en hausse, avec un PNB de 667millions d’euros et un RNPG de 129millions d’euros, grâce aux performances commerciales et à la progression des commissions.