Ces clients vont devenir majeurs

Banque privée : le private equity pour répondre aux attentes
des nouvelles générations

Créé le

08.01.2026

-

Mis à jour le

10.03.2026

S’il est possible de se focaliser sur les encours actuels, il est plus utile de s’intéresser aux encours
en devenir. La démographie nous annonce une grande rotation de patrimoine. D’où l’importance d’avoir en tête que les attentes en matière d’épargne diffèrent sensiblement selon les générations...

Le secteur de la banque privée fait face à une recomposition majeure en raison du vieillissement des populations occidentales : près de 80 000 milliards de dollars seront transmis d’ici 2045, selon BCG, EY et Deloitte. L’enjeu n’est pas seulement quantitatif. La redistribution du capital s’accompagne d’un changement profond de la demande d’investissement. La raison ? La « New Gen ». Appelée à devenir un acteur central des flux patrimoniaux, cette nouvelle génération se distingue par son exigence de sens. Elle souhaite comprendre l’usage réel du capital, suivre son impact et mesurer sa contribution.

De la préservation
à la mobilisation

Cette approche déplace la logique traditionnelle de préservation vers une logique de mobilisation. Dans cette perspective, la finance cotée apparaît souvent trop abstraite ou distante. À l’inverse, le private equity répond directement à ses attentes : il permet d’investir dans des entreprises identifiées, sur des projets tangibles, avec un accès détaillé aux leviers de création de valeur. Pour cette génération, l’investissement n’est plus seulement un arbitrage rendement/risque : c’est une manière d’influencer des trajectoires industrielles et sociétales, logiques que seul le non coté permet d’incarner pleinement.

Parallèlement, le modèle historique de fidélité patrimoniale s’effrite : 70 % des héritiers changent d’établissement au moment de la succession selon Capgemini Wealth Report 2023. Les banques doivent réinventer leur proposition de valeur pour s’aligner sur les priorités de la « New Gen » : pédagogie, transparence, collaboration, et surtout capacité à structurer des allocations cohérentes avec une logique d’impact réel. Dans cette recomposition, le private equity devient un outil stratégique. Il permet aux banques de proposer des solutions différenciantes (co-investissements, fonds thématiques, fonds de fonds et club deals), de renforcer l’engagement des clients et de créer une relation fondée sur la compréhension des projets plutôt que sur la seule performance financière.

Private equity = concret

Le succès du private equity auprès de la « New Gen » ne tient pas au hasard : il répond précisément à ses attentes. En permettant de cibler des thématiques concrètes (transition énergétique, innovation, santé) et d’accompagner la création de valeur sur le long terme, le private equity incarne la combinaison recherchée par cette génération : intention, impact et performance durable. Pour la « New Gen », c’est l’actif qui rend l’investissement tangible, lisible et aligné avec ses convictions.

Le rapprochement entre « New Gen » et private equity redéfinit le rôle du banquier privé. Celui-ci n’est plus seulement un gestionnaire d’actifs, mais un médiateur entre capital et économie réelle. La création de valeur ne repose plus uniquement sur la performance financière, mais sur la capacité à sélectionner, expliquer et suivre des projets porteurs de transformation. La banque privée devient ainsi un acteur de la transition économique, au même titre que ses clients. Le private equity en est le catalyseur, en offrant à la fois une réponse aux attentes de la « New Gen » et un levier de repositionnement stratégique pour les établissements.

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº911-912