La saison des assemblées générales des banques européennes bat son plein

Créé le

29.05.2026

Passage de témoin, suspense et tensions géopolitiques figurent parmi les thèmes marquants d’une édition qui se poursuit sur fond de conflit au Moyen-Orient.

À ce jour, la palme des assemblées générales (AG) les plus marquantes revient à Commerzbank. L’AG du numéro deux bancaire allemand, tenue le 20 mai, s’est transformée en démonstration de soutien unanime à la poursuite de son indépendance, après que la deuxième banque italienne, UniCredit, a lancé le mois dernier une offre formellement rejetée mi-mai par l’établissement allemand. Régulièrement applaudie lors de son discours, la présidente du directoire, Bettina Orlopp, a réaffirmé que l’offre d’UniCredit « tente de reprendre Commerzbank à un prix qui ne reflète pas correctement la valeur fondamentale et le potentiel de notre banque ». Elle a toutefois indiqué que la banque allemande restait « ouverte au dialogue ». Avant l’ouverture de l’AG, des salariés actionnaires avaient affiché leur soutien en arborant des tee-shirts jaunes, couleur emblématique du logo de la banque, frappés du slogan « We own yellow » (« Le jaune nous appartient »).

Rebondissement chez Monte dei Paschi di Siena

Une autre AG à avoir marqué les esprits est celle de Monte dei Paschi di Siena, qui réunissait tous les ingrédients d’un feuilleton à rebondissements. Contre toute attente, la liste PLT Holding, soutenue par la famille Tortora, a remporté la majorité au sein du conseil d’administration de la banque toscane, au détriment de la liste du conseil sortant menée par le président Nicola Maione. Cette victoire consacre le retour de Luigi Lovaglio à son poste de directeur général. Artisan du projet de rachat de la banque d’affaires Mediobanca, il avait été suspendu de ses fonctions fin mars après la décision du conseil d’administration de lui retirer ses pouvoirs exécutifs.

Cette saison a également été celle des premières pour plusieurs dirigeants. La banque espagnole Banco Sabadell a ainsi officialisé le passage de témoin à son nouveau directeur général, Marc Armengol. L’arrivée de l’ancien dirigeant de la banque de détail britannique TSB Bank, depuis lors cédée à Santander, marque l’ouverture d’une nouvelle ère pour Sabadell après l’échec de l’OPA lancée par le numéro deux bancaire espagnol BBVA l’an dernier.

Pression autour des enjeux climatiques

L’intronisation de Brendan Nelson au poste de président de HSBC, en succession de Mark Tucker, n’a en revanche pas bénéficié d’un soutien unanime. Le nouveau président n’a recueilli qu’un peu plus de 92 % des voix des actionnaires, un niveau relativement faible pour une première nomination, alors que les nouveaux dirigeants bénéficient traditionnellement d’un appui quasi unanime lors de leur arrivée. Ce résultat a été interprété comme un signe de défiance envers la banque sino-britannique, après l’assouplissement, ces derniers mois, de certains de ses objectifs climatiques de court terme pour des secteurs comme le pétrole et le gaz.

La géopolitique s’est également invitée à l’AG de Barclays, le 7 mai dernier, sous la pression conjointe de militants climatiques et de groupes propalestiniens. La première banque britannique est vivement critiquée depuis plusieurs années en raison de ses investissements dans des obligations d’État israéliennes et de ses liens avec des entreprises du secteur de la défense. L’établissement est également pointé du doigt pour ses relations avec des sociétés fortement émettrices de gaz à effet de serre, dans un contexte de pression croissante autour des enjeux climatiques. Interrogé sur ces sujets lors de l’AG, le président Nigel Higgins a fermement défendu la position de la banque, niant toute faute ou comportement répréhensible.