« Il n’y a plus une partie du monde où les infrastructures ne sont pas devenues une priorité », avance Christophe Desgranges, associé et membre du Comité exécutif de PwC France et Maghreb. D’après les estimations de l’étude Global Infrastructure Outlook 2025-50 publié par le cabinet de conseil, les investissements à venir sur ce segment sont colossaux. Il devrait atteindre 151 000 milliards de dollars dans le monde en 2050, ce qui représente en moyenne 7 000 milliards de dollars par an pendant les vingt-cinq prochaines années.
Les raisons sont multiples : croissance des populations et de l’urbanisation, transition énergétique et décarbonation, nouveaux besoins liés aux technologies, tensions géopolitiques et enjeux de souveraineté... Tous ces facteurs nécessitent le renouvellement d’infrastructures vieillissantes ou la construction de nouvelles : ponts, réseaux ferroviaires, routes, data-centers, télécommunications, parcs éoliens et centrales solaires...
Des projets à foison
Les financements existent. Aux côtés des fonds, des industriels ou encore des États, les banques sont en première ligne sur ce sujet. Lors de la dernière édition de Choose France, le japonais Softbank a, par exemple, annoncé un investissement de 75 milliards d’euros sur le territoire, pour développer des data-centers avec Schneider Electric. Les projets sont nombreux et plus de 31 000 ont été recensés au niveau mondial. « Le projet H2med veut par exemple faciliter la production et distribution d’hydrogène en Europe », cite Christophe Desgranges. L’Hexagone est le troisième pays européen sur le marché des infrastructures, derrière l’Allemagne et le Royaume-Uni.
La réalisation de ces opérations, longues et complexes, reste toutefois semée d’obstacles. Elle se heurte autant aux aléas politiques qu’aux contraintes opérationnelles, notamment en matière de ressources matérielles à mobiliser.