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Itaú franchit une nouvelle étape dans sa réorganisation européenne. Premier conglomérat financier de l’hémisphère Sud, avec un PNB de 169,4 milliards de réaux brésiliens en 2025 (soit 32 milliards de dollars), la banque dispose depuis le 21 avril d’une licence bancaire au Luxembourg et y a inauguré en septembre de nouveaux bureaux.
Le Grand-Duché devient ainsi son nouveau hub pour l’ensemble de ses activités en Europe. « Après avoir réintégré le Portugal à Itaú Europe, nous allons poursuivre notre réorganisation, notamment en intégrant d’ici à la fin de 2027 les divisions de banque privée suisse et américaines, détaille Thomas Campion, CEO d’Itaú Europe. L’objectif est de centraliser toutes nos opérations au Luxembourg, d’accélérer notre croissance en Europe et d’optimiser notre conformité en vue de l’entrée en application de CRD VI dès l’an prochain. » Cette réorganisation ne remet pas en cause ses implantations, avec 220 salariés au Portugal et des bureaux de représentation, notamment à Paris.
Trade finance, M&A, corporate banking... ses expertises phares
En Europe, Itaú n’entend pas reproduire son modèle de banque universelle déployé en Amérique du Sud, mais cible surtout les entreprises et les investisseurs institutionnels. « Notre objectif est de proposer des services de corporate banking, de financement du commerce international, de conseils en fusions-acquisitions, de couverture de change... aux 350 grandes entreprises européennes que nous accompagnons déjà dans leurs activités ou leur expansion en Amérique latine », précise Thomas Campion. Itaú se positionne comme la référence en matière de solutions de financement en Amérique du Sud.
Cette offensive européenne s’appuie sur une solide dynamique financière de la maison mère. Au premier semestre 2026, Itaú Unibanco a dégagé un résultat net de 24,69 milliards de réaux brésiliens (soit 4,9 milliards de dollars), en progression de 7,8 % sur un an. Cotée à São Paulo et à New York, Itaú Unibanco reste contrôlée par un actionnariat familial (familles Villela, Setubal et Moreira Salles) et affiche une capitalisation boursière de 90 milliards de dollars sur le NYSE.