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Un premier trimestre en demi-teinte pour les banques

Créé le

23.05.2025

-

Mis à jour le

27.05.2025

Portées par leurs salles de marchés mais plombées par les coûts,
les banques françaises ont vu
leurs profits reculer au premier trimestre. Sauf Société Générale,
seule à tirer son épingle du jeu.

Malgré un environnement incertain marqué par les tensions géopolitiques et les premières mesures tarifaires de Donald Trump, les grandes banques françaises ont bénéficié d’une dynamique commerciale robuste au premier trimestre 2025. Cet environnement a été particulièrement favorable à l’activité de BPCE et Société Générale, portées par la poursuite du rebond de leur activité de banque de détail en France.

Le produit net bancaire (PNB) du groupe mutualiste a progressé de 10 %, par rapport à l’an dernier, à 6,3 milliards d’euros, dynamisé par la performance des réseaux commerciaux, Banque Populaire et Caisse d’Épargne enregistrent de nettes hausses de la marge nette d’intérêt ou « MNI », respectivement +17 % et +24 %, et dans une moindre mesure des commissions (+3 % et +5 %). Les revenus du pôle Banque de proximité et Assurance se sont ainsi accélérés de 10 %.

BNP Paribas et Crédit Agricole
en retrait

La Banque de La Défense, elle, travaille sur un périmètre changeant, car elle a cédé sur la période, SGEF, Société Générale Private Banking Suisse et SG Kleinwort Hambros. Son PNB publié s’établit à 7,1 milliards, soit un bond de +6,6 % et de +10,2 %, hors cessions d’actifs. Les revenus de la Banque de détail en France, Banque Privée et Assurances progressent de +14,1 %. La MNI, elle, a bondi de 28,4 %, mais elle ressort stable après cessions et couvertures à court terme comptabilisées au premier trimestre 2024.

L’amélioration de l’activité est moins spectaculaire chez BNP Paribas (+3,8 % à 12,96 milliards) et Crédit Agricole (+5,5 % à 10 milliards). Cela s’explique en partie par une progression limitée des revenus de leurs banques commerciales : +1,2 % pour le pôle Commercial, Personal Banking & Services (CPBS) de BNP Paribas, +1,3 % pour les caisses régionales du Crédit Agricole et +1 % pour LCL.

Portées par les activités de marchés

Caractérisée par la chute des indices américains, l’embellie des bourses européennes et le regain de la volatilité, la période janvier-mars a été prolifique pour les activités de marché. Chez BNP Paribas, la Banque de financement et d’investissement (BFI) a signé un trimestre record, avec un PNB en hausse de 12,5 %. Une croissance portée par la forte dynamique des métiers Equity & Prime Services (+42,1 %) sur les activités macro, et des métiers titres (+13,4 %), soutenus par les commissions sur encours et transactions. BPCE affiche également une solide performance. Les revenus de la Banque de Grande Clientèle croissent de 13 %, portés par le trading sur les taux, devises et matières premières (+22 %), ainsi que par le pôle Equity (+40 %), soutenu par la forte activité commerciale du métier Global Securities Financing et des dérivés actions. Du côté de Société Générale, le PNB de la Banque de Grande Clientèle et Solutions Investisseurs avance de 10 %, grâce à la vigueur des activités actions (+21,8 %), en particulier sur les flux et produits listés, et à la bonne tenue des activités de financement et de conseil (+10,5 %). Enfin, Crédit Agricole a bénéficié des bonnes performances de la BFI et de la gestion d’actifs – avec des encours en hausse, une collecte nette positive et des commissions en forte progression –, ainsi que de l’envolée de 66,4 % de l’activité de la gestion de fortune, dans le sillage de l’intégration de Degroof Petercam.

Les frais de Société Générale
sous contrôle

Malgré des PNB robustes, les résultats déçoivent, pénalisés par des « effets des ciseaux négatifs » : les charges ont augmenté plus vite que les revenus. Le résultat net part du groupe (RNPG) de Crédit Agricole a baissé de 9,2 % à 2,165 milliards, sous l’effet des hausses de 7,2 % des charges et de 12,9 % du coût du risque alourdi par une dotation sur encours douteux. Le coefficient d’exploitation s’accroît de 1,1 point à 59,6 %.

Chez BNP Paribas, les frais ont augmenté de 4 %. Ceux de CPBS Europe Méditerranée ont même grimpé de 17,7 % en raison de l’hyperinflation en Turquie. Le coût du risque passe de 29 à 33 points de base (pb). Le RNPG de la banque du boulevard des Italiens recule ainsi de 4,9 % à 2,951 milliards.

BPCE voit le sien ralentir de 4,6 % à 835 millions. Après de fortes reprises sur provisions il y a un an, son coût du risque s’est envolé de 70 %, suite à des pertes avérées sur des encours, et passe de 18 à 30 pb.

Seule exception, Société Générale a publié un résultat net part du groupe en hausse de 136 %, à 1,608 milliard. Une performance tirée par une meilleure maîtrise des frais de gestion, en repli de 7,6 %, et de 4,4 % hors cessions, grâce notamment à la réduction des charges de transformation. Le coefficient d’exploitation s’établit à 65 %, inférieur à l’objectif de 66 % fixé pour 2025. Le coût du risque, lui, s’est amélioré de 27 à 23 pb. La banque en rouge et noir est bien lancée sur sa trajectoire de redressement.

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº905