Avec plus 10 % de ses exportations totales, l’Espagne constitue aujourd’hui le quatrième client mondial du Venezuela. Tout soubresaut politique et économique dans ce pays d’Amérique du Sud est donc de nature à affecter les entreprises espagnoles qui y sont engagées. Dans ce contexte, l’intervention des États-Unis au Venezuela le 3 janvier a fait couler beaucoup d’encre dans la péninsule ibérique. Le ministre de l’Économie Carlos Cuerpo s’est voulu rassurant en indiquant qu’aucune atteinte « significative » n’avait été identifiée parmi les 60 entreprises nationales concernées.
Plus de peur que de mal ?
Du côté de l’assureur Mapfre et du numéro deux bancaire espagnol BBVA, le calme est de rigueur. L’assureur espagnol a acheté au milieu des années quatre-vingt-dix Seguros La Seguridad au Venezuela et opère depuis sous le nom de Mapfre La Seguridad. À l’occasion du rebranding de Mapfre début janvier, son directeur général Antonio Huertas a rappelé l’engagement de l’entreprise à l’égard de ce pays. Le groupe a exclu tout impact sur ses comptes, étant donné sa présence réduite au Venezuela où il possède un réseau de près de vingt agences, dont la moitié à Caracas, et un effectif de 320 personnes.
Du côté de BBVA, on ne fait pas de commentaires. La banque, qui a réduit la voilure au Venezuela ces dernières années, reste un acteur prépondérant dans ce pays où il se positionne à la troisième place des établissements bancaires. Sous la marque Provincial, le géant compte ainsi plus de 3 millions de clients, dont plus de 2,7 millions de particuliers, avec un effectif de 1 861 salariés et environ 160 agences. « Ces entreprises financières sont en position privilégiée pour concevoir des produits qui facilitent l’inclusion financière de la diaspora vénézuélienne », explique Alejandro Moreno-Salamanca, professeur en management au sein de l’université IESE à Barcelone. « Cette approche centrée sur les personnes est un atout distinctif de ces entités par rapport aux modèles purement transactionnels. »
Des raisons d’espérer
L’enseignant signale aussi qu’un scénario positif pourrait permettre à un acteur comme BBVA de fournir « des financements et une gestion financière approfondie dans le cadre de projets d’infrastructure et de services post-transition politique, en particulier dans des secteurs tels que l’énergie et le transport ». Reste à savoir si la chute de Nicolas Maduro, provoquée par les États-Unis, s’accompagnera bien d’une transition démocratique.