Après l’obtention du feu vert de l’antitrust fin avril, BBVA devra encore attendre les résultats de la consultation lancée par le gouvernement de Pedro Sanchez le 6 mai dernier. Totalement inédite, cette initiative s’est terminée le 16 mai. Elle a pour ambition de recueillir l’avis des individus, des organisations professionnelles et des agents économiques qui pensent être affectés par l’offre publique d’achat de BBVA sur Sabadell. Les informations recueillies dans le cadre de ce processus ne seront pas contraignantes, mais destinées à aider l’exécutif espagnol à disposer de l’évaluation la plus complète possible de l’opération, selon des indications récentes du ministre de l’Economie Carlos Cuerpo. Ce dernier n’a jamais fait mystère de sa réticence au projet de rachat. Il devra décider avant le 27 mai s’il soumet cette question au Conseil des ministres.
BBVA ne dit mot
Sabadell, par la voix de son directeur général César González-Bueno, avait annoncé lors de la publication des résultats trimestriels de la banque le 8 mai, son intention de participer à cette consultation. Il en a profité pour réitérer son opposition à cette opération, qui, de son point de vue, ne devrait pas aboutir pour au moins deux raisons : le rejet unanime de l’opération par les associations patronales de petites et moyennes entreprises, tout comme par les syndicats. L’autre raison tient à l’inadéquation de l’offre de BBVA à la valeur actuelle de Sabadell : la banque vaut aujourd’hui plus de 14 milliards, alors que l’offre de BBVA la valorise à quelque 12,2 milliards d’euros. De son côté, BBVA n’a pas souhaité participer à cette consultation publique. Les actionnaires de Sabadell doivent aussi encore trancher sur cette opération.