La Banque Postale, première
de cordée avec le Livret A

Créé le

25.11.2022

-

Mis à jour le

28.11.2022

Par son histoire et son statut, La Banque Postale a une responsabilité envers la clientèle financièrement fragile. Comme d’autres banques, certes, mais avec près de la moitié des particuliers concernés dans sa clientèle. Elle doit en plus répondre à une mission qui lui est propre : mettre à disposition de tous certains services de base avec un fonctionnement spécifique du Livret A.

Depuis sa création en 2006, La Banque Postale n’a eu de cesse de devenir une banque comme les autres. La création d’un pôle d’assurances complet, depuis l’intégration de CNP Assurances, a parachevé cette stratégie et lui a enfin permis, en 2020, d’afficher un coefficient d’exploitation dans les standards français. La Banque Postale (LBP) constitue désormais un sérieux concurrent pour les groupes mutualistes de bancassurance. Elle reste toutefois à part du fait de son actionnariat et des missions qui lui sont dévolues. L’accessibilité bancaire est et reste une prérogative de service public, définie dans ses statuts. La banque la mène au sein du groupe La Poste avec le Livret A et d’autres dispositifs (lire l’entretien), s’appuyant sur 9 500 conseillers bancaires dans 3 500 bureaux de La Poste, en plus de ses propres collaborateurs.

L’encours global des 14 millions de clients titulaires de Livrets A à LBP ? Supérieur à 60 milliards d’euros, dont 14 milliards gérés par LBP en août 2022 (le reste étant centralisé à la Caisse des dépôts, devenue actionnaire majoritaire de La Poste). Le montant moyen par Livret ? Plus de 4 000 euros. Ces grandes masses cachent une réalité. Malgré une distribution généralisée du Livret A depuis 2008, LBP conserve environ 20 % de part de marché, contre 35 % avant la « banalisation », mais surtout 10 % des Livrets A de LBP répondent à sa mission d’accessibilité bancaire.

Cette « banque citoyenne » prend ainsi en charge la moitié de la clientèle financièrement fragile, avec d’autres banques mais, en plus, accompagne environ 1,5 million de personnes – 5 millions en incluant leurs familles – dans sa mission d’utilité publique. Concrètement, ces clients pas comme les autres se présentent aux guichets de La Poste pour retirer du cash plutôt qu’aux distributeurs automatiques de billets, notamment lors du versement des prestations sociales, et utilisent le Livret A comme un compte courant, parfois en retournant déposer ce qu’ils n’ont pas dépensé dans la journée. Un véritable défi lors du confinement d’avril 2020. Accompagner ces deux types de clientèle coûte à LBP, selon certains calculs, au moins 8 points de coefficient d’exploitation.

Dans ce domaine, l’activité de LBP s’avère l’un des meilleurs observatoires du risque d’exclusion financière. Dès lors, elle révèle mieux que tout autre le nombre croissant aujourd’hui de clients ayant besoin d’un accompagnement bancaire et budgétaire et d’incidents de paiement, dans des proportions comparables à celles d’avant-crise.

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº874