Pourquoi un manifeste en faveur de l’effacement de la dette publique ?
Parce que celle-ci n’est plus soutenable. Il y a, dans nos économies occidentales, une dérive structurelle de la dette depuis 40 ans, avec, au fil des ans, une préemption des bénéfices de la croissance par les intérêts de la dette. Les banques centrales ne sont pas neutres dans ce processus. Depuis 2015, la Banque Centrale Européenne (BCE) a racheté 8 000 milliards de dettes, dont une grande partie a été logée dans son bilan, qui a explosé. Placées à l’abri des regards, ces dettes congelées pourraient être gommées sans trop de heurts. En tant qu’économiste et en tant que chrétien, je suis convaincu que la remise de dettes est aujourd’hui le seul levier à la hauteur du problème. C’est une affaire de macroéconomie autant qu’un combat pour la liberté. Ne pas remettre les dettes aboutit à un mouroir civilisationnel.
C’est une voie qui n’est pas sans risque...
Cette solution suscite en effet un certain nombre d’objections. Mais le seul risque vraiment recevable concerne la tentation qu’il y aurait à reconduire régulièrement ces remises. Cela encouragerait les émetteurs dans leurs dérives et mettrait à mal la crédibilité des banques centrales et, à terme, celle de la monnaie. Certaines précautions doivent être prises.
Quelles sont les conditions de succès ?
Il faut effacer proprement les dettes surnuméraires, en passant par les bilans des banques centrales. Mais la remise de dette doit servir à une remise à plat globale afin qu’émerge un nouvel équilibre institutionnel. Une fois les dettes partiellement annulées, il y aura un espace de légitimité pour demander de la discipline. Il faut en profiter pour remettre les banquiers centraux à leur place et en finir avec l’indépendantisme de la BCE. Les forces productives doivent redevenir prioritaires.
“Tout ce que l’on ne vous a jamais dit sur la dette... à commencer par la manière de l’effacer proprement”, coédité par les éditions Eyrolles et Atlantico, 192 pages, 19,90 €.